samedi 17 septembre 2011

Ce que je pense de la guerre qui aggrave la famine en Somalie

Une sécheresse a déclenché la famine en Somalie alors que le pays est en guerre. Nous savons que même s’il n’y avait pas de sécheresse, en période de guerre les paysans ne pouvaient pas cultiver leurs champs. J’ai toujours dit que le bruit de la kalachnikov et celle de la daba (la houe) ne peuvent pas tonner en même temps. Cela me pousse à dire un mot sur les raisons avancées pour déclencher les guerres en Afrique. Dans la plus part des temps, on pense que toutes les guerres sont économiques et nous savons que l’économie n’a pas fini de faire bouger le monde. Mais, je veux plutôt m’attaquer aux outils utilisés pour aggraver les guerres en Afrique. Ces outils sont le régionalisme, l’ethnicisme et les religions. Le régionalisme et l’ethnicisme sont utilisés par certains intellectuels qui à mon avis, n’ont pas la vraie philosophie de la politique. Je dis même que c’est une pauvreté d’esprit que d’utiliser mal le régionalisme et l’ethnicisme. Les différences culturelles constituent une richesse pour l’Afrique à mon avis. En effet, chaque région à sa capacité, sa tradition et ses habitudes. Ces traditions diffèrent toujours d’une région à l’autre. Mais, je pense que c’est cette richesse qu’on devrait plutôt mettre en exergue pour propulser le développement de notre continent. L’ethnicisme, c’est la multitude de langues qui existe dans nos localités. On sait que la langue est un  élément de la différence entre l’homme et l’animale ; la langue est une civilisation. Alors, cette diversité d’ethnie peut donc être imaginée comme une richesse plutôt qu’une fermeture sur soit  même. Moi dans mon histoire, de mon enfance à l’école primaire, mon père me confiait chaque année à des familles différentes parce qu’il vivait en milieu rural où il n’y avait pas d’école. Chacune de ses familles étaient très souvent d’une ethnie et d’une religion différente. Après l’école, j’ai eu l’occasion de pratiquer mon métier agricole dans des pays différents qui sont le Burkina, le Mali, le Sénégal et la côte d’ivoire. Ces différences que j’ai vécues ont été pour moi une richesse et chaque pays a une manière d’aimer l’homme et de le préserver. C’est pourquoi, j’ai mes raisons à moi de croire que la différence est une richesse parce que cela m’a beaucoup servi.
 Malheureusement, les religions qui sont arrivées en Afrique sont souvent utilisées les unes contre les autres et elles contre la tradition. Nous savons que tous les peuples ont eu une manière de vénérer Dieu. Donc, cela était une force sociale pour préserver l’homme, pour faire la cohésion dans la société. Les religions vont plus loin, car elles pensent qu’après cette vie sur terre, on va au paradis. Mais pour aller au paradis il faut aimer et préserver l’homme d’après toutes les religions. Je ne comprends pas alors que ce soient la religion et la tradition qu’on utilise pour détruire l’homme. Dans cette religion on dit que pour aller au paradis il faut éviter le pécher. Le pécher, ce n’est qu’à l’homme qu’on peut le commettre ; il est fait seulement vis-à-vis de l’homme. Les environnementalistes vont plus loin en disant que si tu détruis l’environnement de l’homme, tu as pécher contre lui. Donc, je sais que ceux qui prônent la religion pour détruire l’homme seront surpris à l’au-delà parce que l’homme, selon les religions que je connais, est une créature précieuse de Dieu. La destruction de l’homme par les hommes ne permet pas à Dieu de constituer son royaume parce qu’il a besoin de tout le monde. Donc, ceux qui détruisent l’homme ne peuvent en aucun cas se justifier que c’est à cause de Dieu qu’ils le font. Je pense que depuis le début des religions il y a eu les guerres. Aujourd’hui, on continue à avoir des guerres par rapport aux religions. Je pense de nos jours que d’autres éléments comme l’économie et la recherche du gain s’y sont glissés. Ce sont les ignorants qui sont utilisés pour la recherche de ces gains. Gandhi dans sa philosophie a démontré aux indiens qu’il n y a pas de différence entre les hommes. Les indiens l’on écouté et aujourd’hui ils ne regrettent pas. Alors, je pense que c’est le moment pour que l’Afrique s’assaille, réfléchi sur la différence qui est une richesse et qui enrichit le partage. Cela permet de ne rien oublier ou négliger. C’est là où l’africain va trouver son intégrité et c’est dans l’intégrité qu’il peut se développer.

                                                Ouagadougou, le 17 septembre 2011
                                                  TRAOE B. François,
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                                                   Président d’honneur de l’AProCA,
           Docteur honoris causa.
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vendredi 26 août 2011

Ce que je pense de la famine à la corne de l’Afrique où la population somalienne meurt de faim tous les jours.

La Somalie est une partie du continent africain qui est miroitée par le monde. Cette corne est aujourd’hui frappée par une sécheresse qui est entrain de décimer sa richesse (élevage et agriculture) et sa population. La gravité de cette situation interpelle toute l’humanité. L’urgence est de tout faire pour aider la population somalienne à survivre. Chaque fois que la télévision présente cette population affamée, je l’éteins immédiatement parce que je n’aime pas voir la souffrance perdurer. Par la suite, je me suis rendu compte que cela n’est pas la solution. J’ai vu que des ONG étaient entrain de travailler dans les pays développés pour qu’on envoie à manger à cette population. Je joins ma voie à tous ceux qui ont cette bonne  volonté car le monde ne manque pas de moyens pour secourir ou pour être plus humaniste. Il faut qu’il sache qu’une des raisons des grandes crises financières et des conflits est liée au fait qu’une partie de la population du monde n’a pas l’essentiel : manger, boire de l’eau portable, travailler, avoir des revenus conséquents et s’héberger.
En tant qu’agriculteur ayant eu l’occasion de voyager dans ces pays développés, je me sens souvent coupable. Quand j’ai dit un jour à un groupe de producteurs que j’ai été à Cancun, au Mexique lors des négociations à l’OMC et que la chambre coûtait par nuit 250 dollars soit environ 125 000f cfa et qu’un repas dans ces grands hôtels coûtait 50dollards soit 25000f cfa, certains ont cru que je mentais car nombreuses sont les  familles africaines qui n’ont pas 125000f comme revenu annuel. Quand tu leur dis que tu as mangé à 25000f le repas, ils regardent ton visage en se demandant où tu as mis tout ce repas. Pour eux un repas de 25000f doit valoir une centaine de kg. Ils pensent que quelqu’un ne peut pas le manger, sinon on doit le sentir sur lui. Alors, moi étant du village, j’ai donc eu l’occasion de vivre les deux extrémités : dormir et manger à ces prix et aller enlever de l’eau dans la mare et boire ; une eau que les animaux boivent en passant. Je comprends bien la douleur de ceux qui sont chassés par la sécheresse de leur localité. Ces populations sont obligées de marcher plusieurs jours pour avoir à boire ou à manger. Ces peuples vivent dans le désespoir et dans l’espoir que quelqu’un viendrait à leur secours.
J’ai eu également l’occasion de voir des grains de maïs qui servent de nourriture pour les animaux dans les pays développés. Dans ces pays,  on ne pense pas qu’on puisse élever des animaux sans leur donner des grains. Alors que, quand j’explique dans certains milieux paysans que des vaches sont nourries par des graines de maïs, certains me considèrent comme un menteur. Pour eux, l’agriculture est faite d’abord pour nourrir l’Homme. Pourtant ceux qui donnent la graine de maïs à la vache, le font pour nourrir le même Homme avec la viande et le lait. C’est la politique et les moyens qui font la différence.
Aujourd’hui, nous parlons de changement climatique qui est responsable de plusieurs phénomènes. Mais pourtant l’évolution de la capacité d’analyse de l’Homme a évolué plus vite que le changement climatique. Nous savons tous à quel moment l’Amérique a été découverte, mais, si on considère le niveau de développement actuel des pays, on s’aperçoit que le Canada et les Etats-Unis sont des champions. Maintenant, cette capacité d’analyse est utilisée pour qui ? Et pour quoi faire ? C’est ça le vrai problème. Moi je pense que c’est le moment de bien orienter cette capacité d’analyse parce que le pauvre comme le riche ont tous des problèmes aujourd’hui. Les riches parlent de crise financière et d’insécurité grandissante pendant que les pauvres sont confrontés à la famine, à la pauvreté et aux maladies. Qui est celui qui gagne donc ? S’il existe conscientisons le ; s’il n’existe pas, réfléchissons bien et donnons une autre politique à cette mondialisation.
Quant à l’Afrique, il va falloir qu’on revoie réellement notre agriculture. Je ne peux pas comprendre que lors de la guerre mondiale 1939-1945, qu’ont ait pris des africains analphabètes dans les villages  et que trois ou cinq mois après, ils étaient de bons combattants au front. Ils ont combattu comme tout le monde. Mais pourquoi dans l’agriculture aujourd’hui on n’arrive pas à former cette même population sur son plus vieux métier qu’est l’agriculture surtout avec la technologie qui existe de nos jours partout dans le monde. De surcroit, il n’y a pas ce gros diplôme en agriculture qu’un africain ne détienne pas aujourd’hui. D’autre part, on connait l’utilité des africains analphabètes déportés lors des traites des esclaves en Amérique ; ils ont une grande part dans la modernisation actuelle de l’agriculture parce qu’ils étaient à la base et ils travaillaient à la main sur des directives techniques qui aboutissaient à de bons résultats. Je ne sais pas quelle analyse les noires américains donnent à l’Afrique, quand ils viennent nous voir dans notre situation actuelle. J’ai l’impression que l’Afrique à mieux compris le métier administratif appris, que sa pratique ancienne (l’agriculture) qui n’est pas de la parole mais plutôt de l’action car dans le métier pratique on ne peut pas fabriquer des résultats : c’est visible ou soit ça n’existe pas.
Ce que je ne comprends pas aussi en Afrique, c’est que les magrébins font l’exception en matière de développement. J’ai eu l’occasion de visiter le Maroc et l’Egypte qui ont un niveau de développement élevé incomparable au reste du continent. Alors, cette famine sur la corne de l’Afrique m’interpelle, me fait peur parce qu’après la corne de l’Afrique, je ne sais pas à qui  le tour sera? Pourtant je pense qu’il est possible qu’on se suffise.
                                                                       
                                                  Ouagadougou, le 25Août 2011
                                                  TRAOE B. François,
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mercredi 17 août 2011

Ce que je pense de l’analyse de Bernard BACHELIER sur le G20 dans son livre intitulé « le G20 agricole : une chance pour l’agriculture mondiale ? »

L’Afrique est le continent qui demeure dépendant de l’extérieur pour son alimentation alors que sa population est majoritairement agricole et dispose suffisamment de terres exploitables dont une grande partie n’est pas exploitée. Si l’insuffisance de financements en faveur de l’agriculture est la principale cause, son orientation est aussi à revoir c’est-à-dire que les financements et les formations soient destinés aux entreprises familiales. En Afrique, des agro-businessmans ont investi les terres. Ils accaparent de grandes superficies, investissent beaucoup dans le matériel, mais comme ils ne sont pas  souvent professionnels nombreux sont ceux qui échouent dans leur entreprise. Le personnel employé provient  souvent d’agriculteurs qui n’ont pas les moyens. Dommage, dans ces champs, ils ne sont ni encadrés ni formés ni suivis, ce qui conduit à  une déformation professionnelle, alors qu’on aurait dû les appuyer dans leurs entreprises familiales et les résultats allaient être probants.
L’intensification de la production agricole exige des investissements dans des secteurs clés comme la recherche. Cette recherche doit avoir pour objectif de mettre à la disposition des producteurs des semences adaptées, des engrais et des techniques culturales visant à accroître la production. Ensuite, vient nécessairement l’appui à l’investissement dans l’agriculture.
La lutte contre la volatilité des prix doit impérativement préserver la rentabilité des investissements des producteurs. En d’autres termes, le bilan financier de la vente des produits de l’investissement ne doit pas équilibrer les dépenses financières et physiques ; il doit être nettement supérieur. En plus de la régulation des marchés, la lutte contre la volatilité des prix nécessite le renforcement du niveau technologique des agriculteurs c'est-à-dire la dotation des producteurs de moyens modernes de production (charrues et tracteurs, motopompes…) et  des techniques de lutte contre les aléas climatiques comme les retenues d’eau et l’irrigation... Lorsqu’on n’a pas de moyens de production de pointe de nos jours, on ne peut pas compétir sur le marché avec les autres producteurs. Aussi, l’acquisition de ces moyens techniques ne devrait-elle pas être laissée à la seule charge du pauvre producteur, si l’on veut une production suffisante à un coût raisonnable. Une autre solution à la lutte contre la volatilité est de désenclaver les zones de production, car très souvent, les produits sont disponibles en Afrique mais il n’y a pas de bonnes infrastructures routières pour faciliter les transactions commerciales. Cela a pour conséquence directe une flambée des prix puisque les coûts du transport augmentent. Par ailleurs, pour des pays agricoles comme le Burkina, il est préférable que la  population  produise elle même son alimentation en quantité suffisante au lieu de payer les produits importés. En effet, le prix des produits alimentaires importés est influencé par différents paramètres dont le transport. Le mieux serait donc que la nourriture du pauvre ne vienne pas de loin. Seules les personnes riches devront en ce moment acheter les aliments importés s’ils le désirent.
Pour moi, le G20 gagnerait mieux à investir beaucoup dans les pays en voie de développement  surtout en Afrique afin d’enrayer les famines et la pauvreté. Ainsi, les populations pourront à leur tour être de potentiels consommateurs des produits qu’elles n’ont pas ou dont elles ne maîtrisent pas les technologies telles que les machines, les engins, les appareils…Je pense qu’une des causes de la crise financière dans les pays développés est l’incapacité des pauvres à consommer les produits fabriqués.

Ce livre se trouve sur le blog de Bernard Bachelier que voici : Bernard BACHELIER,   le G20 agricole : une chance pour l’agriculture mondiale ?, FARM, Mai 2011, 44 pages. http://www.fondation-farm.org/

                                                   Ouagadougou, le 16 août 2011
                                                   TRAORE B. François,
                                                   Président d’honneur de l’AProCA,
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samedi 23 juillet 2011

Ce que je pense de l’information en biosécurité et des réflexions sur le régime de biosécurité au Mali

Du 18 au 20 juillet 2011, j’ai été invité au Mali à une rencontre d’information en biosécurité organisée par le Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (NEPAD) et l’Union Nationale des sociétés Coopératives de producteurs de coton (UN-SCPC). Le NEPAD fait partie intégrante de .l’Union Africaine (U.A.). L’U A a donc initié d’accompagner les pays africains en terme de biosécurité et de biotechnologie. Cette mission a été confiée à une structure du NEPAD dénommée « ABNE ». Celle-ci a été sollicitée par l’UN-SCPC du mali pour expliquer aux acteurs maliens les contours réels de la biotechnologie et de la biosécurité car l’assemblée nationale malienne a voté une loi sur cette biosécurité et les producteurs s’impatientent de son application.
Les partenaires concernés par les OGM ont été invités. Les parlementaires, la société cotonnière, les agriculteurs et le ministère de l’agriculture ont été les principaux acteurs maliens invités par les producteurs de coton maliens à cette rencontre. Le directeur du programme coton du Burkina était invité a cet effet par l’ABNE en tant que exécuteur du processus scientifique du coton BT au Burkina Faso. De même un juriste burkinabè a été invité pour expliquer les contours des lois en la matière. L’ABNE dans sa méthode d’intervention a pris l’habitude d’associer les experts. C’est dans ce contexte que j’ai été invité pour partager mon expériece en tant que président d’honneur de l’AProCA, ancien président de l’UNPCB et aussi en tant que producteur de coton BT Burkinabè qui a suivi le processus d’adoption de la biotechnologie depuis 2003. Le Burkina a été le premier pays de l’Afrique de l’ouest à adopter cette technologie.
 A l’ouverture, le ministre de l’agriculture malien a annoncé que le Mali s’est engagé à mettre en œuvre la technologie. Pour lui, le Mali ne devrait pas être en reste de l’avancement de la mondialisation. D’ailleurs, la loi d’orientation de l’agriculture malienne prévoyait un développement accélérer de l’agriculture. Donc, l’adoption de la biotechnologie va en droite ligne avec les options de cette orientation. Le président des producteurs de coton malien a rappelé que ce sont les producteurs maliens qui avaient récusé les OGM et que c’est eux qui disent aujourd’hui qu’ils en veulent. Cette décision a été influencée par les visites qu’ils ont effectuées dans les champs de coton BT au Burkina. Pour lui, le Mali est confronté à un problème de productivité et de rentabilité au niveau du coton. Une des solutions à cette insuffisance de productivité et de rentabilité est l’utilisation d’une bonne semence et d’une bonne technologie. C’est dans ce sens qu’il a ensuite interpellé les chercheurs et les décideurs politiques à accélérer la mise en œuvre de la biotechnologie parce que les producteurs de coton maliens ne veulent pas être en retard. Il a également dit que l’Homme qui veut avancer est celui qui ose. Le Burkina a osé et pourquoi pas le mali. Compte tenu du fait que le Burkina et le Mali sont deux pays voisins, il a signalé que le producteur malien n’acceptera pas qu’une technologie soit de l’autre coté de la frontière et qu’on lui dise que ce sont les lois et la politique qui empêche son application. Cette vision a été acclamée par tous les producteurs qui étaient présents. Les techniciens de l’ABNE ont pris le temps d’expliquer le processus qui permet d’amoindrir les risques scientifiques et économiques. Selon eux l’union africaine soutien l’utilisation de la biotechnologie mais laisse la liberté aux pays membres d’avancer à leur rythme. C’est ainsi que le même groupe de l’ABNE s’était rendu au Togo en fin du mois de juin pour accompagner également les togolais qui ont aussi  leur loi sur la biotechnologie et qui souhaitent emboiter le pas au Burkina Faso. J’ai également pris part à cette rencontre au Togo pour partager avec eux les expériences du Burkina, et exprimer comment nous avons vécu la biotechnologie.
 A la clôture, des travaux le ministre malien de l’agriculture à féliciter l’assistance pour son accompagnement à ce processus de la biotechnologie. Il a aussi pris l’engagement de prendre en compte les conclusions de cette rencontre. Le gouvernement par sa voix a promis de jouer sa partition. Le ministre a souhaité que ce partage entre pays africains continu parce qu’il fait partie de la tradition africaine. Pour la biotechnologie, le Burkina qui a été le pionnier, sert d’éclaireur lors de toutes les visites qui se sont effectuées dans les champs de coton au Burkina.
Enfin, en tant que Burkinabè, je souhaite que l’adoption de la biotechnologie dans ces pays vienne renforcer la position du Burkina pour faciliter le partage scientifique et technique surtout que dans l’histoire, le coton de l’Afrique de l’ouest a la même origine. Nous les africains, nous avons honte d’être à la traîne du coton devant l’Inde et la Chine qui ont adopté depuis longtemps les OGM

                                  Ouagadougou, le 22 juillet 2011
                                          TRAOE B. François,
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lundi 18 juillet 2011

Ce que je pense sur « l’emploi des jeunes »

La dernière réunion des chefs d’Etat de l’Union africaine  à Malabo du 30 juin au 1er juillet 2011 s’est penchée sur l’emploi des jeunes. Nous avons suivi sur les medias l’appréciation et l’engagement des chefs d’Etat sur l’emploi de la jeunesse. Selon les chefs d’Etats africains la population africaine est majoritairement jeune. A les écouter cela constitue un atout pour le développement du continent, si réellement on arrivait à trouver du travail pour toute cette jeunesse. Pour moi, dans la société africaine au village, la meilleure prière qu’une personne âgée peut faire est que « Dieu vous donne des enfants » parce que selon les vieux un homme de valeur doit pouvoir transmettre ses savoirs faire à sa descendance. En Afrique, la retraite n’existe pas encore en milieu rural. Pour que les personnes âgées soient entretenues, ils travaillent à la reproduction sociale et à amener leurs progénitures à accepter se battre pour eux.    
 Dans notre tradition, un village qui a une population jeune est signe d’atout et d’espoir. Je comprends donc les engagements des chefs d’Etats africains de s’occuper de l’emploi de la jeunesse pour pallier le développement. Je pense que c’est un devoir pour eux de concentrer leurs efforts sur la jeunesse parce qu’un jeune est plein d’énergie intellectuelle et physique et cela est grand un atout pour mieux travailler. Le jeune a également une obligation d’ambition; bien éduquer ou pas il veut tout ce qu’il voit sur la télévision aujourd’hui. Il ne contrôle pas forcement son énergie puisqu’il est souvent commandé par cette énergie. Le jeune est obligé de bouger, de se réjouir et de combler sa croissance. Former et donner du travail à un jeune ne fait qu’épanouir son énergie et ses ambitions tout en lui donnant de bonnes orientations. Dans un pays où on fait semblant de ne pas reconnaître tout cela, la population subira l’énergie des jeunes en négatif car ils sont capables de courir toute une journée et toute une nuit et ils peuvent également faire très mal quand leurs besoins ne sont pas comblés. Nous avons vu de quoi les jeunes sont capables quand ils prennent les pirogues pour aller en Europe. Tout ceci montre que leur énergie peut les forcer à faire du bien comme du mal. Donc, je soutiens cette façon de voir la vie lors des grands sommets des chefs d’Etats africains, mais, cela ne doit pas être du folklore. Ces idées doivent se concrétiser.  Je pense qu’on doit être heureux de pouvoir parler de ce sujet présentement et pouvoir appliquer bientôt les décisions prises en faveurs de l’accélération de l’autonomisation des jeunes pour le développement durable sinon à un moment donné on ne pourra pas suivre leur évolution. Si cela n’est pas fait, même les personnes  qui ont les moyens seront en insécurité. Pour des pays pauvres, avoir des jeunes qui sont pleins d’énergie ne doit pas être un problème et la Chine l’a démontré. Donc orientons cette jeunesse en lui facilitant l’accès au travail plutôt que de subir son énergie négativement lorsqu’elle est sans emploi. En Afrique tout est à faire ou à refaire.
                                                  Ouagadougou, le 17 juillet 2011
                                                  TRAOE B. François,
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mercredi 13 juillet 2011

Ce que je pense de la réunion panafricaine sur le coton à Cotonou du 27 au 29 juin 2011.

La CNUCED (Conférence des Nattions Unis sur le Commerce et le Développement) a invité l’AProCA pour une rencontre panafricaine sur le coton au Bénin du 27 au 29 juin 2011. Je faisais parti des invités de l’AProCA. Beaucoup de pays producteurs de coton étaient présents : l’Afrique de l’ouest, l’Afrique centrale, l’Afrique orientale  ainsi que les représentants d’autres continents. L’objet de la rencontre était de faire l’état des lieux du coton et de sa situation en Afrique de 2001 à 20011 afin d’établir une feuille de route qui permettra le développement du coton et de sa transformation en Afrique. Le diagnostic de la filière cotonnière en Afrique révèle que l’Afrique qui produisait près de 2 millions de tonnes de coton, a aujourd’hui  une production d’environ 1 million de tonnes, alors que l’Inde et la Chine ont soit multiplié par deux ou par trois leur production. D’autre part, pendant que le rendement a augmenté du simple au double en Inde et au Brésil (2 à 4 tonnes/ha), le rendement en Afrique a baissé jusqu’à moins d’une tonne par hectare. Les revenus par kilogramme de coton des producteurs de ces pays ont également augmenté pendant que ceux des producteurs africains ont baissé. Les réformes préconisées pour redresser ces filières n’ont pas aussi fait leurs effets attendus. Ces réformes ont été souvent mal conçues et mal appliquées. Les difficultés d’obtention des intrants et leur cherté ont été également très difficiles pour les producteurs de coton Africain. L’effondrement des différents centres de recherche en Afrique n’a pas aussi permis aux producteurs de coton d’avoir de la semence à haut rendement. La biotechnologie qui a propulsé le coton dans les pays comme l’Inde et la Chine n’est pas aussi utilisé dans la production du coton en Afrique à l’exception de quelques pays. Les quelques usines de transformation du coton qui existaient par ci par là ont été démantelées soit parce qu’elles sont en crise de fonctionnement, soit en crise de rentabilité et soit les machines sont dépassées. Le problème général du financement de l’agriculture reste toujours la gangrène de l’agriculture africaine. C’est dans ce contexte qu’il fallait travailler à concevoir une feuille de route qui permettra le développement du coton africain et sa transformation en résolvant les problèmes sus-cités. C’est ainsi que les différentes initiatives ont été développées comme celle de Paris pendant laquelle plusieurs engagements financiers ont été faits à l’Afrique ; le bilan de cette initiative a été présenté à tous les acteurs : de l’Union européenne à la banque mondiale jusqu’aux autres partenaires. Les initiatives envisagées par les différentes structures régionales africaines ont été également exposées. Dans toutes ces initiatives, il y a eu l’engagement des acteurs de la filière et de leurs partenaires. Il y eut donc un financement pour accompagner les filières cotonnières africaines. Certains financements sont déjà consommés et d’autres sont en cours. Tout ceci a été pris en compte pour dégager la feuille de route.
De grandes orientations ont été données pour cette feuille de route  à savoir : l’augmentation des rendements en prenant en compte certaines expériences réussies en Afrique comme la bonne pratique agricole initiée par la FAO et les gouvernements membres ; l’initiative de BCI… Pour ce qui est des intrants une réflexion devrait être menée pour sa fabrication en Afrique vu l’existence des ressources en Afrique. En attendant la fabrication des engrais, des commandes groupées doivent être faites. Pour le financement de l’agriculture, un effort particulier est demandé aux gouvernements africains. En ce qui concerne la commercialisation du coton, de gros efforts de réforme doivent être faits pour permettre de rassurer les agriculteurs pour un prix de coton rémunérateur proportionnel à celui du cours mondial et pour les paiements à temps. Les graines de coton doivent être également valorisées et comptabilisées pour augmenter les revenus des producteurs. Pour cela le désenclavement des zones de production du coton est très important. L’appui à la recherche pour des semences à haut rendement est également à envisager. La biotechnologie doit être bien maîtrisée et suivie par les chercheurs africains. Pour ce qui est de la transformation du coton, les différents plans d’action de transformation de coton des structures régionales comme l’UEMOA sont à enrichir et à mettre en exécution. Le constat des pays comme l’Inde et la Chine qui sont entrain de damer le pion à l’Afrique, est que leur production et leurs transformations s’équilibrent souvent. Ils transforment sur place presque tout ce qu’ils produisent. Pour cette raison, il n’ya que les consommateurs des produits finis qui ont besoin d’eux ; ils n’ont pas souvent besoin d’un marché extérieur pour leur coton alors que l’Afrique ne transforme pas plus de 10% de son coton. Ainsi, l’Afrique se trouve dépendant de l’extérieur pour les intrants et pour la vente de 90 % de son coton. Comme nous sommes obligés de nous habiller, nous dépendons également de l’extérieur. L’Afrique devient le bailleur de fond de ces industries : les africains leur vendent obligatoirement le coton et achètent les tissus à leur gré. Cela ne doit pas continuer parce qu’on ne peut pas développer la filière coton de cette manière. Un représentant de l’Australie nous a dit que chez eux, ils ont fortement investi dans la recherche si bien que l’Australie a sa propre semence à haut rendement et son engrais de qualité. Nous avons donc suffisamment eu d’éléments de la feuille de route pour le développement du coton en Afrique. Comme toutes les catégories des acteurs et quelques partenaires étaient présents, je pense donc que cette feuille de route est leur engagement.
Il faut que les producteurs s’organisent très bien dans les coopératives et qu’ils acceptent accélérer la professionnalisation sinon la mondialisation ne les attend pas. De plus, ils risquent de voir un jour leurs terres libres occupées.par les pays dont les terres ne suffisent plus. Par ailleurs, toutes les sociétés cotonnières doivent prendre conscience de la nécessité de faire des réformes adaptées à l’évolution du coton, avoir une bonne collaboration avec les producteurs ; avoir l’esprit d’entreprise c'est-à-dire ce qui permet à une entreprise de progresser en faisant du gagnant gagnant. Ce n’est pas l’expertise humaine qui manque. D’ailleurs, un chercheur brésilien m’a dit que la valeur de l’Homme, ce n’est pas ses diplômes mais le service qu’il rend avec son savoir faire aux autres pour faire avancer une entreprise.
Nos Etats également doivent s’intéresser davantage au problème du coton, car il procure non seulement des revenus aux populations, mais, il contribue aussi à la sécurité alimentaire, à l’emploi et au maintient de la jeunesse dans le milieu rural sinon ils verront toujours des insatisfaits dans les villes et dans les campagnes. Pourtant, si cette jeunesse est bien employée dans le milieu rural, elle peut faire vivre les habitants des villes sans se rendre compte. Les partenaires financiers doivent aussi diminuer le nombre des grandes conférences sans effets et réduire les longues procédures d’accès au financement. Ces longues procédures font souvent croire à certains intermédiaires que l’argent est plus important que le résultat pour lequel ils sont envisagés. Ce qui fait que très souvent on entend parler de financement mais, c’est comment certains vont avoir leur part qui les préoccupent au lieu de l’intérêt général de tous. Le présent diagnostic désigne tout le monde comme responsable du ralentissement des filières cotonnières en Afrique. Il est donc impérieux que  l’application de cette feuille de route se fasse autrement pour ne pas aboutir aux mêmes résultats.
                                        
                                          Ouagadougou, le 10 juillet 2011
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samedi 2 juillet 2011

Ce que je pense de Bernard Bachelier un ami et un partenaire

J’ai connu Bernard Bachelier lorsque j’ai été invité par DAGRIS à un salon international de l’agriculture à Paris. Quand il m’a été présenté, c’était dans les débuts de la création de FARM. Il a discuté avec moi pour savoir comment les africains conçoivent leur développement et quel modèle de développement pensent-ils? Ce jour, j’ai eu de la peine à lui faire confiance, parce que je voyais en lui un consultant qui enquêtait à ses propres fins. Mais, grâce à sa patience et sa perspicacité, il a réussi à me convaincre de son intérêt pour les agriculteurs africains.
Nous, nous étions au début de la création de l’AProCA, je lui ai donc  parlé du coton africain et de sa structure africaine toute naissante. Après ce premier contact à Paris, nous avons continué à échanger de près comme à distance lorsque les occasions nous le permettaient. C’est ainsi qu’une première formation des membres de l’AProCA a eu lieu à Paris grâce à monsieur Bernard Bachelier. J’ai donc vu en lui un homme sincère, qui s’intéresse au développement des agriculteurs africains et qui est prêt à les accompagner dans leur combat. Il est donc devenu mon ami.
En tant que directeur de FARM, avec ses collaborateurs,  la porte de FARM nous a été ouverte. FARM est alors devenue le logeur de l’AProCA en France. Toute les fois qu’AProCA a été en France, elle a eu un bureau dans lequel, elle a travaillé dans le calme.
FARM a aussi travaillé à nous trouver d’autres partenaires. Bernard Bachelier a cessé  ses fonctions de directeur de  FARM. Je lui souhaite honneur et bonheur pour le reste de sa vie. Il reste toujours mon ami. La structure reste aussi un de nos meilleurs partenaires.
Je souhaite bonne arrivée au nouveau directeur Jean-Christophe Debar. Je sais que nous allons toujours faire de bonnes choses avec FARM.
                                                       
                                                        Ouagadougou, le 02 juillet 2011
                                                        TRAORE B. François,
                                                        Président d’honneur de l’AProCA
                                                         Docteur honoris causa