lundi 23 avril 2018

CE QUE JE PENSE DES PAYS AFRICAINS SUR LE MARCHE MONDIAL (OMC)


Dans les années 2000, les producteurs de coton du Bénin, du Burkina, du Mali et du Tchad avons lancé un appel contre les subventions américaines et européennes. Ces subventions faussaient la compétition entre nous les acteurs. Nous avons à l’époque senti l’unicité de tous les négociateurs africains sur ce sujet dans les négociations de l’OMC à Cancun et à Hong-Kong. Quelques rencontres ont continué après cela sans aboutir à la satisfaction réelle des producteurs de coton africains. La leçon que je tire est que l’Afrique ne doit pas aller à de telles rencontres pour faire de la complaisance. Nous sommes tous des pays en voie de développement et ce n’est que par la production et le commerce que nous pouvons nous développer. Dans ce commerce nous devons prioriser la transformation de nos produits sur place et la professionnalisation de nos acteurs pour la productivité et la qualité si nous voulons nous imposer sur ce marché mondial. L’Afrique est l’un des rare continent qui ne bouscule pas assez la compétitivité pour s’imposer sur ce marché. J’interpelle donc tous les libres penseurs à réfléchir plus sur ce sujet pour que l’Afrique prenne sa place dans le commerce mondial et cela ne fera que rendre agréable cette mondialisation.

samedi 21 avril 2018

CE QUE JE PENSE DE LA MULTITUDE DES PARTIS POLITIQUES EN AFRIQUE


Après la colonisation, les leaders des pays africains indépendants, pour amorcer la démocratie, ont créé des partis politiques. Et comme ils n’étaient pas nombreux comme cadres, il y a eu donc des grandes tendances qui étaient souvent propres aux africains. D’autres faisaient alliance avec des tendances occidentales. Les intérêts ont donc commencé à se croiser. Comme expérience, je pense que c’était des passages obligatoires. Aujourd’hui la majeure partie des pays africains ont plus de 50 ans d’expérience dans ce que nous pouvons appeler l’autonomie de gestion. La vision pour un parti politique devait donc être basée sur l’unité de la population et pour son développement. Le constat dans cette Afrique indépendante avec toujours un taux d’analphabétisme très élevé, est que nous nous retrouvons avec des centaines de partis politiques dans certains pays. Et quand vous posez la question à cette population analphabète après une campagne politique, ils vous diront : « les politiciens sont les mêmes, après les élections, eux leur situation change et la nôtre n’évolue pas bien » et cela fait que la population ne se retrouve pas dans ce que les politiciens appellent idéologie. L’idéologie qui fait souvent l’unanimité au sein de la population est que les politiciens ont droit à tout pendant que la population doit attendre. Personnellement, je ne pense pas qu’on ait besoin de cette multitude de parti, et si la politique n’est pas une profession où on ne cherche qu’à gagner sa vie, je pense que nous devons tous pouvoir nous insérer quelque part pour avoir des grandes tendances. L’idéologie commence par l’homme, sa sociabilité et son intérêt vis-à-vis de la masse et cela, on doit le constater autour de chacun avant qu’il ne se déclare politicien. Et quand on se déclare politicien, cela doit continuer et ça veut dire qu’on doit pouvoir s’insérer dans une tendance, l’objectif étant de contribuer au développement de la masse. L’idéologie qui est donc essentielle pour moi, pour quelqu’un qui en a à partager, c’est le développement pour tous, même les ruraux, et ça, ce n’est pas le nom d’un parti qui va le contredire et encore moins un groupuscule.

jeudi 19 avril 2018

CE QUE JE PENSE DE LA DESCISISON DU GOUVERNEMENT BURKINABE A ACCOMPAGNER LA FILIERE COTON


Depuis le mois de septembre 2017, nous étions plusieurs producteurs à nous alarmer des dégâts dans les champs de coton. En effet, le coton constitue la locomotive des agriculteurs dans toutes les zones où il est cultivé. Il faut se dire que la rotation entre le coton et le maïs ou les céréales en général permet à ces agriculteurs de produire une grande quantité d’excédents de céréales au Burkina. Pour preuve, c’est en traversant cette zone cotonnière entre Ouaga et Bobo qu’on trouve des sacs de maïs en vente sur la route. L’organisation de cette filière permet aux agriculteurs d’avoir accès au crédit des intrants. C’est ainsi que plus de 100000 tonnes de fertilisants (engrais) et de pesticides sont distribués dans cette zone, ce qui fait plusieurs milliards par an que les producteurs doivent rembourser avec les revenus du coton après sa vente. Vous comprendrez donc que si cette filière est enrhumée à cause de mauvaises récoltes, les agriculteurs que nous sommes ne peuvent pas dormir et s’il n’y a pas de solution, cela se répercutera sur tout le Burkina. C’est pourquoi je remercie le gouvernement pour son geste de plus de 14 milliard envers les agriculteurs et demande aux deux partenaires Société cotonnière et UNPCB une bonne coordination dans la gestion de ces fonds pour limiter la déception et ramener la confiance entre les acteurs de la filière. Je dis confiance par ce que les revenus de coton des producteurs ont drastiquement baissé si bien que plusieurs ne sont pas arrivés à honorer leurs engagements dans les groupements et de même entre les groupements et la Société cotonnière alors que le maintien de ce tissu social et économique doit être préservé car cela a toujours servi d’exemple de développement des ruraux pour d’autres filières. Nous implorons alors les mânes du ciel à nous venir en secours pour une bonne campagne agricole 2018/2019.  

mardi 23 janvier 2018

CE QUE JE PENSE DE LA RÉCONCILIATION ENTRE LA POPULATION DE SOLENZO

La province des Banwa est une zone potentiellement riche pour l’agriculture et l’élevage. Comme la terre est vaste et fertile avec une pluviométrie assez suffisante, moi venant de la province de la Kossi comme d’autres venant de divers horizons du Burkina, nous nous sommes retrouvés dans les Banwa et cela a fortement augmenté la densité dans la province. La commune de Solenzo étant le chef-lieu de province, a  une très forte densité de population par rapport aux 05 autres communes des Banwa. Depuis quelques années, fréquemment, des mésententes sont souvent arrivées entre les groupes souvent entre ethnie différent ou dans les associations et groupements. Cette situation impacte très souvent le bon voisinage, le climat politique et même le développement. Lorsque je me suis rendu la dernière fois en décembre 2017 pour fêter dans ma commune, celle de Sami, j’ai été interpellé par le chef de canton de Solenzo comme personne ressource qu’il pense être accepté par tout le monde. Il souhaite donc que je fasse les démarches nécessaires du côté des autorités pour les expliquer cette démarche de réconciliation inclusive ; mon parti étant au pouvoir et moi membre du bureau exécutif du MPP. Il pense que je suis la personne indiquée pour faire les démarches dans tous les sens. Comme moi-même j’aime la paix pour le développement et étant aussi conscient que cette situation  ne peut que handicaper le développement de la province, j’ai accepté le cri de cœur du chef de Canton et je souhaite arriver à réconcilier la population ; sans quoi il n’y’a pas de paix et cela ne  facilite pas le développement dans cette partie riche de la Région du grenier du Burkina.


Du 16 au 22 Janvier 2018, j’ai séjourné dans les Banwa où j’ai pu rencontrer les différentes communautés. Après plusieurs rencontres, le résultat est positif. Toutes les entités souhaitent la paix qui conditionnement le développement  et ont tous reconnu qu’ils ont des problèmes communs. A titre d’exemple, celui de l’enclavement. L’enclavement est un handicap qui ne fait pas la différence entre pauvre et nanti, autochtone et migrant, car toute personne qui tombe malade et qui doit être évacué va forcément emprunter les mêmes tronçons défectueux dans tous les sens : axe Koundougou-Kouka-Solenzo-Sanaba-Dédougou, axe Solenzo-Tansila, axe Tansila-Sanaba-Dédougou et Sanaba-Nouna. Pendant mon séjour, j’ai effectivement vécu une situation malheureuse où El Hadj Juetba SAWADOGO, malade, a été évacué sur Ouagadougou et y est décédé le lendemain de son arrivée. Toute la population des Banwa souhaite que Dieu miséricordieux le pardonne et le reçoive dans son royaume.
La population de Solenzo dans une démarche de réconciliation définitive
           
Au terme de cette démarche de réconciliation que j’ai effectuée auprès de toutes les entités, tout le monde a souhaité la fin de cette mésentente qui n’arrange personne. La suite donnée à cette démarche, est que les différentes entités se sont engagées à se concerter dans le sens de la réconciliation et  du bon voisinage. Tous souhaitent que je revienne après ces différentes entrevues en leur sein. Ce qui est très important que les uns et les autres ont souligné, est que le développement ne viendra que de la complémentarité des activités menées par chacun. C’est l’occasion pour remercier tous ceux ou celles qui m’ont encouragés, facilités la tâche ou m’ont soutenus dans cette démarche. Les potentialités qui existent dans les Banwa et dans le Mouhoun peuvent fortement contribuer au développement du Faso car dans le passé, la Boucle du Mouhoun où il y’a aussi de grands agriculteurs, est arrivé à  ravitailler en céréales, en coton et en produits d’élevage toutes les zones du pays où cela était nécessaire. C’est dans la cohésion que ces richesses pourraient être bénéfiques à toute la population entière. Car la cohésion facilite le vivre ensemble, condition sine qua non pour la paix et le développement.
Je demande la contribution de toutes les filles et de tous les fils ressortissants des Banwa dans ce processus de réconciliation. Que Dieu bénisse les Banwa et le Burkina Faso. Que Dieu soit avec nous dans cette réconciliation pour la prospérité de toute la population des Banwa et que les Banwa continuent à contribuer l’épanouissement de la population au Burkina Faso.

En tant que vieux paysan ressortissant des Banwa

Ouagadougou, le 23 Janvier  2018                    

TRAORE B. François,
Agriculteur Burkinabé
Docteur honoris causa de l’Université de Gembloux,

www.francoistraore.blogspot.com

mercredi 20 décembre 2017

CE QUE JE PENSE DE MON ENGAGEMENT EN POLITIQUE

Plusieurs fois, des sympathisants m’ont posé la question de savoir pourquoi mon engagement affiché en politique, surtout en tant qu’agriculteur. Pour répondre à cette question, je vais relater quelques passages de ma vie qui m’ont façonné. Je suis un fils d’Agriculteurs qui ont migré au Mali et au Sénégal pour cultiver l’arachide. Ce père et cette mère courageux, ont pris le soin de m’inscrire à l’école tout en n’oubliant pas de m’inculquer leur courage au travail, leur sincérité et leur sociabilité. En plus de tout cela, mon passage dans ces différentes sociétés m’a également instruit, surtout dans le lien entre les hommes. De retour au Burkina en 1973, je n’avais pas plus de 20 ans ; donc mon esprit se construisait toujours. Comme j’ai opté pour l’Agriculture, ces différentes expériences ont été pour moi un apport très important. A travers ces expériences, j’ai appris et compris que j’ai besoin des autres et les autres ont également besoin de moi.
Dans ma carrière professionnelle en tant qu’Agriculteur, j’ai été membre de plusieurs organisations professionnelles dont j’ai souvent été le dirigeant. L’apport de ces organisations dans le développement de leurs membres, à mes yeux, a été très important. Dans ces organisations, j’ai appris que les différences des idées, quand elles sont bien capitalisées, sont très enrichissantes et c’est ce qui peut permettre l’appropriation de l’organisation par ses membres. Le partage d’expériences entre les acteurs permet de mieux conscientiser dans la pratique agricole. Mais au fur et à mesure que l’organisation grandissait, ces logiques basiques devenaient de plus en plus difficiles. C’est à ce moment que j’ai perçu personnellement que dans le développement humain moderne, il faut forcément un lien entre la politique et le développement. Pendant les 04 ans de révolution de 1983 à 1987 avec Thomas SANKARA, nous avons senti un intérêt particulier dans la philosophie que ce régime avait pour la population et particulièrement les ruraux. Cela m’a convaincu que le lien entre la politique et le développement est possible et obligatoire. Je suis donc resté nostalgique de cette philosophie qui ne donnait aucune place à l’hypocrisie.
En 2014, dès le début de l’insurrection populaire, je me suis engagé pour contribuer à un changement au Burkina Faso, surtout quand j’ai compris que plusieurs burkinabè n’hésitaient pas à se rappeler de la révolution. En plus du slogan « La patrie ou la mort, nous vaincrons » qui était à chaque fois répété, un autre s’est ajouté : « plus rien ne sera comme avant  ». Les 27 ans après la révolution avaient marqué négativement la majorité de la population. L’engagement collégial de ce peuple devait être assumé et les élections présidentielles de 2015 l’ont démontré. Après toutes les élections post insurrectionnelles, chacun de nous devait jouer un rôle qui est le sien. C’est ainsi que j’ai décidé  de contribuer à ma manière. Pour moi, tout homme moralement équilibré doit se sentir redevable à la société. Comme mon centre d’intérêt principal c’est l’Agriculture, je me suis battu pour le développement de l’Agriculture africaine partout dans le monde où j’ai pu aller. Dans ce sens, j’ai été honoré du titre de Docteur Honoris Causa de l’Université de Gembloux en 2006. En 2012, j’ai été également choisi comme ambassadeur des coopératives agricoles en Afrique par le système des Nations Unies. C’est dans ce domaine agricole que je continuerai à contribuer. Je ne peux pas faire de la politique du genre « manges et tais-toi ». Je fais donc la politique pour faire entendre les préoccupations des ruraux en termes de difficultés et de vision. C’est vrai que certaines de mes interventions peuvent être mal perçues mais c’est aussi cela la politique. Quand nous sommes de domaines différents, nous ne pouvons pas avoir les mêmes analyses des choses mais je suis obligé de persister à chaque fois que je suis convaincu que c’est dans l’intérêt des ruraux que je parle car l’esprit de l’insurrection c’est prendre en compte l’intérêt de tous. Je pense donc que je me suis fait comprendre pour ce qui est de la raison de mon engagement politique.
En cette fin d’année 2017, je souhaite une bonne et heureuse année 2018 à tous mes lecteurs, à toute la population du Burkina et à tous les êtres humains. Que la paix soit sur tous les Hommes et leur environnement.
        En tant qu’homme politique burkinabé
Ouagadougou, le 20 décembre 2017
TRAORE B. François,
Agriculteur Burkinabé
Docteur honoris causa de l’Université de Gembloux,
www.francoistraore.blogspot.com