dimanche 12 juin 2016

Ce que je pense de la journée internationale de lutte contre le travail des enfants



Depuis 2002, la date du 12 Juin a été choisie par les institutions internationales pour lutter contre le travail des enfants dans le monde. L’objectif est d’attirer chaque année l'attention des décideurs politiques, des acteurs de la société civile et des employeurs sur le travail des enfants ainsi que les actions et les efforts nécessaires pour l'éliminer. Ladite journée est célébrée cette année 2016 sous le thème : « Éliminer le travail des enfants dans les chaînes de production - C'est l'affaire de tous! ».

Nous apprenons que ce travail des enfants prend de l’ampleur en Afrique. Cela me pousse en tant que paysan africain à donner quelques raisons que je pense être à la base de ce travail des enfants. En effet, dans nos pays africains 70 à 80% de la population est rurale. Ces ruraux sont pour la plupart des cas, pauvres. Nous savons aussi que notre façon d’être gouverné à créer la pauvreté dans les villes. Cette pauvreté dans les villes africaines est accrue par l’exode rural. Je pense que ces réalités trouvent leur source dans la gouvernance mondiale. L’Afrique a eu tort d’être le dernier continent à avoir des ressources naturelles importantes. Pour cause, les pays développés qui ont forcément besoin de ces ressources ne peuvent pas accepter que le bénéfice de ces ressources soit utilisé pour réduire significativement la pauvreté en Afrique. Les pauvres de tous les continents subissent ce sort. 

Par ailleurs, nous savons également que les armes sont fabriquées par les riches. Malheureusement dans ce cas, ces mêmes institutions internationales favorables à l’élimination du travail des enfants, ne peuvent pas décréter des journées pour arrêter la fabrication des armes. Je suis donc convaincu que la pauvreté qui est due à la mauvaise gouvernance, aux guerres qui sont fabriquées pour l’intérêt  de certains  pays riches. Ces maux doivent être combattus par les institutions qui luttent contre le travail des enfants. Tout homme qui gagne sa vie dans son travail aime son enfant. Les réfugiés et les émigrants sont un exemple de gens qui souffrent avec leurs enfants ou qui les abandonnent  derrière eux. 

Bref, le monde est suffisamment riche et la gouvernance mondiale dans laquelle se trouvent les institutions internationales promotrices de cette journée mondiale, peut travailler à équilibrer cette richesse. Cette justice peut permettre à l’Afrique de bénéficier de ses ressources et on verra que les africains aiment leurs enfants.

En tant que Président d’honneur du syndicat des Agriculteurs du Burkina

Ouagadougou, le 12 juin 2016

TRAORE B. François,
Agriculteur Burkinabé
Docteur honoris causa de l’Université de Gembloux,
www.francoistraore.blogspot.com   

vendredi 3 juin 2016

Ce que je pense des résultats des élections municipales du 22 Mai 2016 au Burkina Faso



Le processus des élections municipales a commencé le 22 Mai par l’élection des conseillers dans les villages et les secteurs sur toute l’étendue du territoire. Le Mouvement du Peuple pour le Progrès (MPP) qui est un jeune parti de la sociale démocratie s’est taillé la part du lion. Ce qui signifie le peuple burkinabé s’est approprié la philosophie du parti et c’est cela qui installe la confiance. L’étape finale de ce processus est l’élection des maires dans les communes rurales et urbaines. Cela fait plusieurs années que le Burkina s’est engagé dans le processus de décentralisation. Malheureusement nous avons plusieurs fois vécu de mauvaises formes de gouvernances de cette décentralisation. 

À mon avis cette mauvaise gouvernance était due au mauvais choix de certains maires qui ne voyaient pas le processus de décentralisation comme outil de développement pour la population, mais une opportunité de joindre les deux bouts pour eux-mêmes. Pour que le MPP réussisse sa vision du développement pour tous, tous les militants doivent se donner la main pour faire élire des maires intègres dans leurs localités. Ce n’est que cette intégrité qui peut permettre à un maire d’être à l’écoute de sa population, chose qui l’oblige à avoir comme seul souci la cohésion et le développement. 

Bien que nous ayons un bon Président qui a été bien élu sur un bon programme, c’est la cohésion de la population qui garantira une mise en œuvre réussie de ce programme. C’est pourquoi l’opérationnalisation du programme de développement proposé par le MPP doit être le souci de la municipalité. Ce projet exprime bien la vision du Président Roch Marc Christian KABORE, Président actuel du Burkina Faso.

En tant que militant MPP

Ouagadougou, le 03 juin 2016

TRAORE B. François,
Agriculteur Burkinabé
Docteur honoris causa de l'Université de Gembloux
www.francoistraore.blogspot.com

samedi 23 avril 2016

Ce que je pense des élections municipales de Mai 2016 au Burkina Faso

Dans le processus de changement entamé au Burkina Faso, les élections municipales restent la dernière étape à franchir. La préparation de ces élections a commencé par le choix des conseillés dans les secteurs et villages. Cette phase du processus ne s’est pas déroulée sans difficultés. Les difficultés, nous les avons vécus depuis les élections présidentielle et  législative lors desquelles nous avons vu des alliances contre nature dont l’objectif était « tout sauf le Mouvement du Peuple pour le Progrès (MPP) ». Le MPP a malgré tout gagné les présidentielles et a obtenu 55 députés lors les législatives. Les municipales étant le pouvoir au peuple à la base, les séquelles des difficultés antérieures ne doivent pas les impacter.

J’interpelle particulièrement les militants du MPP à cultiver la cohésion car un bon parti de la sociale démocratie a comme objectif le développement de l’humain et cet humanisme existe dans toutes les sociétés Burkinabé. Le politique ne peut que s’appuyer sur cet humanisme pour faire le développement. Mais le constat dans les villages est que certains n’arrivent même plus à faire leurs coutumes ensemble. Or nous connaissons la place de ces coutumes dans l’éducation et la formation des jeunes. L’argument politique est que gagner les municipales facilite la préparation des élections présidentielles de 2020.

Pour ma part, ce n’est pas seulement en réussissant  les élections municipales qu’on peut être bien positionné pour les présidentielles de 2020 ; réussir le développement est beaucoup plus déterminant. Et cela le programme de notre Président le permet. Mais cet objectif ne peut être atteint qu’en se basant sur des gens crédibles dans leurs localités et qui cultivent la cohésion. Le MPP étant au pouvoir, nous avons la responsabilité de la nation pendant 5 ans et l’exemplarité incombe tous les militants MPP pour arriver au changement voulu par le peuple burkinabé.

En tant que militant MPP   

Ouagadougou, le 23 avril 2016

TRAORÉ B. François,
Agriculteur Burkinabé,
Docteur honoris causa de l’Université de Gembloux,
E-mail: dadilotbf52@yahoo.fr  
Skype:dadilotbf52   
(+226) 70 95 34 45
 (+226) 78 50 16 25

 BURKINA FASO

lundi 4 avril 2016

Ce que je pense de Bobo-Dioulasso comme capitale économique

Le Dimanche 03 Avril 2016, j’ai suivi une conférence de presse du Président Roch Marc Christian KABORE à Bobo Dioulasso. Une des questions qui a retenu mon attention, c’est la dynamisation du secteur industriel pour booster l’économie et permettre à la ville de Bobo-Dioulasso de reprendre sa place de capitale économique au Burkina. L’analyse que j’ai à ce niveau, m’oblige à reprendre les fondamentaux qui avaient prévalus à l’origine pour qu’on dise que Bobo-Dioulasso est la capitale économique. Bobo-Dioulasso et les régions environnantes ont des grandes terres qui sont parmi les terres les plus fertiles au Burkina, aptes aux activités agro-sylvo-pastorales. Elle est également parmi les zones les mieux arrosées en termes de pluviométrie. Les eaux de surfaces et la nappe phréatique sont également assez suffisantes pour une utilisation agricole. Voilà des raisons parmi tant d’autres qui sont les atouts de cette zone.

Si nous voulons dynamiser les industries de Bobo-Dioulasso, cela doit être basé sur les différents produits qu’on peut produire avec ces atouts. On peut citer le coton, le maïs, le riz, le mil, le sorgho, le sésame, le soja, la tomate, la volaille, les caprins, les bovins, le lait, l’anacarde,… À titre d’exemple si DAFANI (l’usine de production de jus et de nectar) est à Orodara dans la province du Kénédougou, c’est parce qu’il y’a suffisamment de fruits à Orodara et ses alentours. Il a suffi tout simplement un accompagnement à la professionnalisation des acteurs pour qu’ils fournissent permanemment des produits de qualité qui permettent à l’usine de fonctionner sans arrêt. Par contre l’histoire de SAVANA est très illustrative car c’est incompréhensif qu’une usine qui transformait de la tomate s’arrête à Bobo-Dioulasso.

En tant que vétéran agricole, je pense que l’organisation des agro-pasteurs en coopératives crédibles et l’apport de l’État Burkinabé dans la fourniture des intrants de qualités (semences et engrais…), plus un financement adapté (banque agricole) au bon moment sont des actions sur lesquelles il faut rapidement peser pour mettre en confiance les investisseurs qui s’intéresseront à la  transformation de ces produits de la zone de Bobo-Dioulasso. Une usine viable et rentable a besoin de produits de qualité homogène en quantité suffisante, dans une distance raisonnable. En matière d’élevage, la modernisation est incontournable. Nos éleveurs viennent malheureusement de payer le prix à Bouna et certains sont en train de revenir au Burkina avec leurs troupeaux. Alors que c’est par manque de nourriture pour leurs troupeaux qu’ils étaient partis. Ce qui veut dire qu’au retour, cette nourriture manque toujours. J’ai toujours dit que l’animal doit être nourrit par son propriétaire.

En la matière, les agriculteurs Français, Canadiens, Américains nourrissent leurs animaux via l’intégration fonctionnelle agriculture/élevage, alors que dans notre cas, l’agriculture et l’élevage, au lieu d’être complémentaires, sont en conflits.

Dans mon champ, cela fait longtemps que j’ai commencé à produire pour nourrir  mes animaux ; les déchets de ses animaux sont également utilisés pour fertiliser mes terres. Ce qui me manque c’est la race de vache qui produit plus de lait. Et plusieurs autres agro-pasteurs du Burkina sont dans cette situation. Pour qu’il y ait un jour une industrie de lait, il faut nécessairement que l’État fasse de la modernisation de l’élevage, une action prioritaire dans les faits.

La Côte-d’Ivoire, après la crise a repris sa place dans le café après avoir redressé toute la mauvaise gestion qui existait dans cette filière et qui l’inhibait. En effet, les filières café et cacao étaient devenus une vache laitière pour ces mauvais gestionnaires et nous savons ce qu’ils sont devenus. La Côte-d’Ivoire est en ce moment 1er producteur de cacao et d’anacarde. Tout cela lui ouvre grandement la porte de l’industrialisation. Au Rwanda, les informations que j’ai sur ce pays sont très encourageantes. En effet, l’État a conscientisé la population après le génocide pour qu’elle se mette rapidement au travail. Le gouvernement lui-même a pris ses responsabilités dans l’accompagnement de l’agriculture et de l’élevage. Aujourd’hui il y a des produits que le Rwanda transforme et exporte. Je pense que le peuple Burkinabè qui s’est assumé à travers la révolution est également conscient de son effort qu’il doit faire. Il attend des actions concrètes d’accompagnement du gouvernement. L’industrialisation à Bobo-Dioulasso doit être relancée et c’est le Burkina qui va gagner.

En tant que Président d’honneur du syndicat des Agriculteurs du Burkina Faso

Ouagadougou, le 04 avril 2016

TRAORÉ B. François,
Agriculteur Burkinabé,
Docteur honoris causa de l’Université de Gembloux,
E-mail: dadilotbf52@yahoo.fr  
(+226) 70 95 34 45
 (+226) 78 50 16 25

 BURKINA FASO

vendredi 18 mars 2016

Ce que je pense du second tour des élections au Niger

Les Nigériens iront dans les urnes le dimanche 20 mars 2016 pour le second tour des élections présidentielles. Nous savons que le second candidat vient de partir en France pour des raisons de santé. Il nous est arrivé d’entendre que le candidat prisonnier malade maintenait quand même sa candidature. La CENI maintient les photos des deux challengeurs sur le bulletin de vote. Ce que je ne comprends pas est que l’opposition qui soutient le candidat prisonnier appelle la population au boycotte. Je pense que cette opposition dans laquelle plusieurs candidats à la présidence font partie, cache quelque chose. S’ils ont eu le courage de se mettre tous derrière un candidat prisonnier, qu’ils laissent la population voter librement ; qu’ils ne nous parlent plus de transition.

De toute façon, le Président sortant Mahamadou ISSOUFOU va faire ses deux coups chao. Ces élections avec un second tour ont couté cher certainement à l’économie du Niger et a ralenti le travail pour le développement de la population. Je demande à l’opposition, qu’au nom de l’intérêt de la Patrie (Niger), qu’elle laisse la population décider du choix de leur Président et que l’opposition garde son énergie pour après faire une opposition productive au nouveau pouvoir et se préparer pour les 05 prochaines années. Que Dieu éclaire toutes les deux tendances au Niger pour l’intérêt de la population.

En tant que citoyen burkinabé

Ouagadougou, le 18 février 2016

TRAORÉ B. François,
Agriculteur Burkinabé,
Docteur honoris causa de l’Université de Gembloux,
E-mail: dadilotbf52@yahoo.fr  
 (+226) 70 95 34 45
 (+226) 78 50 16 25

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