dimanche 20 octobre 2019

CE QUE JE PENSE DE MA RENCONTRE AVEC LES FINANCIERS DE LA SOUS-RÉGION AFRICAINE QUI TRAVAILLENT AVEC LE MONDE RURAL


J'ai été invité par une grande dame que j'ai connue à la caisse populaire, Madame Aoua Sawadogo, en collaboration sa collègue américaine, à partager mon expérience dans le milieu rural sur l'apport des politiques publiques et des institutions financières dans le financement agricole. Les participants venaient des institutions financières des pays de la sous-région qui œuvrent tous dans le domaine agricole. Pour avoir pratiqué l'agriculture dans quelques pays de la sous-région Ouest africaine, en plus du fait que j'ai assumé plusieurs responsabilités dans le mouvement paysan au Burkina et en Afrique, mon constat est que chaque politique africain a investi de sa façon dans le milieu rural. C'est ainsi qu'un peu partout le matériel rudimentaire traditionnel a changé chez plusieurs producteurs. L'utilisation des intrants agricoles s’est aussi accrue, chose qui a forcément changé les rendements de certains producteurs. Et cela s'est toujours fait avec la contribution des institutions financières qui œuvrent dans le domaine agricole. Néanmoins, le constat est que c'est dans le milieu rural que la pauvreté et la famine persistent, ce qui engendre l'exode rural de la jeunesse. Dans la sous-région ouest africaine, dans chaque pays, il y a entre 70 et 80% de la population qui est rurale, tandis que les États-Unis sont à 2%. Mais nous continuons à importer des produits alimentaires.

Pourtant au niveau international, ils disent que c'est en Afrique qu'il y’ a le plus d'espace.
La solution que j'ai proposée après ce constat, c'est la réorganisation du monde paysan en coopératives crédibles pour leur permettre d'être en contact avec le marché, c'est une tâche des politiques publiques. Les institutions financières peuvent aussi contribuer à cette réorganisation. Cela nécessite une vraie organisation par filière, chose qui doit permettre d'avoir des produits homogènes de qualité appréciable. Ce qui va mettre ces structures en contact avec les commerciaux et les transformateurs, le décideur final étant le consommateur qui veut toujours acheter du produit de bonne qualité homogène. La collaboration de plus en plus rassurante avec le marché peut permettre aux structures paysannes d'aller vers les structures financières. Et l'assurance du marché rassure également le banquier à octroyer du crédit aux producteurs. Le banquier gère l'argent de quelqu'un, ce qui fait qu'il doit se rassurer que quand il donne du crédit, ce sera remboursé. À titre d'exemple, un paysan américain qui produit du maïs à lui seul peut ravitailler une région en Afrique. Il a aussi un niveau d'instruction élevé et l'État américain a contribué à cela. Ce qui lui facilite la collaboration avec toutes les institutions publiques et privées. Chaque année, il est sûr de fournir un produit de qualité recommandé. En Afrique, nous avons de petites exploitations avec près de 70 à 80% de la population qui est rurale. Ce serait très difficile à l'État et aux structures financières d'avoir affaire à chaque individu. Alors que dans une coopérative de 20 personnes, dès que vous avez 4 à 5 personnes bien éveillées dans le groupe, la formation peut permettre de stimuler la conscientisation dans ce groupe. C'est aussi vrai que nous avons eu des coopératives très mal gérées. C'est pour cela que la politique publique doit redoubler d'effort et changer de méthode car nous avons vu des accompagnateurs qui ont été complices des mauvaises gestions de ces coopératives. Tandis qu'au Canada, par exemple, ce sont les coopératives qui ont stimulé l'agriculture dans la modernisation. En conclusion, je dis qu'avec un financement et un accompagnement adapté à notre contexte, bien réfléchi, l'agriculture de la sous-région peut prendre son envol. Ce qui va lutter nécessairement contre la pauvreté et la famine. Et les politiques publiques doivent être conscients de cela.

Ouagadougou, le 20 Octobre 2019

En tant que vétéran agricole


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