dimanche 6 mars 2016

Ce que je pense de la politique et des élections en Afrique

Le dimanche 06 mars 2016, le peuple Béninois s’est rendu dans les urnes pour l’élection présidentielle. Trente-trois (33) candidats sont en lice. Le Niger qui se prépare pour son second tour avait quinze (15) prétendants à la Présidence ; au Burkina Faso il y avait plus d’une vingtaine au départ. Dans certains pays africains, on parle de plus de cinquante (50) candidats pour le seul poste. Pour ce qui est des partis politiques en Afrique, d’un pays à l’autre, nous avons cent (100) à trois cents (300) partis dans un seul pays. Je me pose la question si cette pléthore est pour la démocratie du développement humain du peuple africain.   À mon avis, c’est non. Le développement pour tous les hommes a une logique ; c’est vrai aussi que chaque Homme à sa manière de voir les choses. Mais l’esprit humain nous oblige à mettre nos idées ensemble pour nous en sortir.

Les pratiques que j’ai citées précédemment ne seront jamais la bonne manière. La preuve est qu’après les 1ers tours des élections, il y a rarement plus de trois (3) candidats qui arrivent à avoir la moyenne. Et c’est en ce moment que les alliances se font. Moi je préférerai que les alliances se fassent avant le 1er tour des élections pour avoir de gros partis, que des débats d’idées constructives soient dans les partis et pour faciliter la tâche aux électeurs. Le seul mal qui empêche cela, c’est les 3 M. C’est-à-dire la malhonnêteté, la méchanceté et le mensonge. Ceux qui se méfient de la politique, pensent que ce « triptyque » fait partie de la logique de la politique. Je pense que seuls l’unité et le patriotisme  peuvent combattre les 3 M. L’adoption de ce nouveau comportement mettra en confiance les populations et les acteurs de la scène politique ; C’est cette confiance qui nous conduira au développement.

En tant que citoyen burkinabé

Ouagadougou, le 07 mars 2016

TRAORÉ B. François,
Agriculteur Burkinabé,
Docteur honoris causa de l’Université de Gembloux,
E-mail: dadilotbf52@yahoo.fr  
 (+226) 70 95 34 45
 (+226) 78 50 16 25

 BURKINA FASO

mardi 1 mars 2016

Ce que je pense de l’actualité politique au Niger et au Burkina Faso

Le Niger vient de faire ses élections présidentielle et législative. Les résultats montrent qu’il y a un second tour entre le Président sortant et l’ancien Président de l’Assemblée nationale actuellement en prison. En démocratie, pour des élections du niveau présidentiel, aller au second tour est normal. Mais ce que je trouve bizarre, est le fait que le deuxième candidat pour ce second tour soit en prison. Selon les informations que nous avons, cela est dû à un problème de trafique de bébés dans lequel sa femme est impliquée. Si on sait que la femme d’un Président de l’Assemblée dans une telle activité peut avoir des facilités ;  ce n’est  donc pas surprenant que les faits inculpent son mari. La question que je me pose, est de savoir quels sont les objectifs de ce trafic de bébés ? Car dans tous les pays africains, si vous n’avez pas d’enfants et que vous voulez adopter officiellement un enfant, cela n’est pas du tout compliqué. En effet, les enfants ayant besoin d’adoption existent partout en Afrique si bien que les occidentaux viennent les chercher sur ce continent. Mais si ça s’appelle trafique de bébés, cela est politiquement grave dans la famille d’un homme politique. Aux États-Unis, si ton nom est cité dans de tels actes, ta carrière d’homme politique peut être en péril. Dominique Strauss Kahn s’est vu obligé de démissionner au FMI parce qu’on dit qu’il a violé une femme même adulte. Sa carrière politique en a alors pris un coup. Je veux donc dire aux hommes politiques que les premiers actes d’un homme qui a une vision politique commencent par soigner son entourage et à ne pas négliger une faute. L’ex Président de l’Assemblée nationale du Niger aurait dû attendre les élections prochaines en espérant la résolution de ce problème. On ne doit pas se comporter en victime quand ton nom est cité dans de tels actes pour chercher à être Président de tout un peuple.

Pour ce qui concerne la situation politique au Burkina Faso, la justice Burkinabé a émis un mandat d’arrêt international contre l’ancien Président Blaise COMPAORÉ par rapport à l’assassinat du défunt Président Thomas SANKARA et de ses compagnons. Il se trouve que Blaise COMPAORÉ après son arrivée en Côte d’Ivoire, a cherché et a obtenu la nationalité ivoirienne. Selon l’information que nous avons eue, la Côte d’Ivoire n’extrade pas ses ressortissants à l’extérieur. À travers ce comportement, Blaise COMPAORÉ, compagnon de Thomas SANKARA, a montré l’une des principales différences entre lui et son ami. Les informations nous révèlent également que lorsque les meurtriers ont trouvé SANKARA et ses compagnons en réunion le 15 octobre 1987, SANKARA a demandé à ses collaborateurs de rester dans la salle en leur disant que c’est lui qu’on veut et il est sorti. Dès qu’il est sorti de la salle de réunion,  il fut abattu et cela il le savait. Peut-être qu’il croyait que cela pouvait sauver les autres qui sont dans la salle. Malheureusement ils ont tous été abattus sauf un qui a survécu. SANKARA est décédé sans richesse après ses 04 années de pouvoir. Une des preuves est que sa femme et ses enfants ont été entretenus par des bonnes volontés. Tandis qu’on pense que COMPAORÉ et sa famille sont partis avec une grande fortune en laissant derrière eux un patrimoine important. C’est donc les deux philosophies qui continuent à s’opposer : pour SANKARA quand on est un homme d’État, on doit toujours œuvrer à être serviteur de la nation. Pour COMPAORÉ, il faut se servir. C’est lui et sa famille d’abord et la nation subit. Pourtant moi je pense qu’on peut s’arrêter et se repentir. Pour l’intérêt de son pays, cela vaut la peine.

En tant que citoyen Burkinabé

Ouagadougou, le 01 mars  2016

TRAORÉ B. François,
Agriculteur Burkinabé,
Docteur honoris causa de l’Université de Gembloux,
E-mail: dadilotbf52@yahoo.fr  
 (+226) 70 95 34 45
 (+226) 78 50 16 25

 BURKINA FASO

dimanche 14 février 2016

Ce que je pense de l’atelier organisé par l’UGCPA pour son adaptation à l’acte uniforme OHADA relatif au Droit des sociétés coopératives

Du 08 au 13 février 2016, l’Union des Groupements pour la Commercialisation des produits Agricoles (UGCPA) de la Boucle du Mouhoun a organisé à Moundasso (Dédougou) un atelier à laquelle j’ai été invité comme personne ressource. Le but de l’atelier était de réfléchir sur l’adaptation de l’UGCPA à la loi OHADA sur les sociétés coopératives. En effet, cela fait plus d’un an que l’UGCPA a entamé ce travail. Elle a fait appel au service d’un consultant qui a fait le tour de l’organisation de la base au sommet. À l’issue de cet état des lieux, le consultant a fait une proposition par rapport à la restructuration et aux activités menées par l’UGCPA. Ce sont ces résultats qu’une cinquantaine de producteurs membres de la structure se sont regroupés pour réfléchir à l’appropriation. L’UGCPA a également fait appel à un de leurs partenaires canadiens de l’UPA DI, comme modérateur et facilitateur. En rappel l’UGCPA est une structure qui fait l’approvisionnement en instants et la commercialisation des excédents céréaliers (le maïs, le sorgho, le petit mil, le niébé et les fleurs de bissap) de ses membres. L’activité regroupe des producteurs, hommes, femmes, jeunes accompagnés par quelques techniciens. De nos jours l’UGCPA commercialise plus de deux mille (2 000) tonnes de céréales. Elle totalise 23 ans de vie professionnelle.

À la fin de l’atelier, après beaucoup de débats démocratiques sur la vie de l’organisation, en entendant que l’Assemblée se prononce là-dessus, l’orientation pris par l’atelier est d’avoir deux échelons de structures. A la base, le producteur adhère à une coopérative simplifiée en libérant une part sociale. Ce sont ces coopératives simplifiées qui devront se mettre ensemble pour créer la coopérative avec conseil d’administration au niveau régional. Selon l’interprétation du consultant, il faut minimum quinze (15) coopératives simplifiées pour créer une coopérative avec conseil d’administration.  À cet atelier, l’accent a été mis sur la bonne gouvernance en commencent par la tenue stricte des assemblées générales ; sur  l’alternance ; le développement du membership et du leadership ; la transparence dans la gestion financière  et sur l’augmentation de la quantité des produits commercialisés dans le respect strict des engagements de chacun des producteurs membres. L’UGCPA est une structure dans laquelle il ne peut pas avoir des membres fictifs. Tous ses membres sont engagés dans l’économie. En outre, l’atelier a aussi recommandé de l’accompagnement pour la formation des membres qui vont créer ces structures car l’UGCPA veut mettre la barre haute en ayant comme objectif des coopératives qui mettent collectivement sur le marché plus du tiers (1/3) de la production vivrière de la boucle du Mouhoun. En tant que grenier du Burkina, la boucle du Mouhoun produit plus de 700 000 tonnes de céréales par an. L’UGCPA a l’assurance que cette synergie est faisable car plusieurs de ses membres ont fait des missions au Canada où presque toutes les filières sont organisées dans des coopératives et cela a fait du Canada une puissance agricole dans le monde.

À mon avis, l’UGCPA est sur la bonne voie. Depuis 2012, dix-sept pays africains se sont engagés à appliquer l’acte uniforme relatif au droit des sociétés coopératives. Cela pour une homogénéité des organisations paysannes dans ces dix-sept pays. Chose qui peut permettre et faciliter les échanges d’expériences entre coopératives ; permettre que les produits agricoles de ces dix-sept pays soient commercialisés partout où le besoins se trouve. Le Burkina Faso est un grand pays agricole. Des associations et des organisations multiples existent mais rares sont celles qui sont engagées à aider le producteur dans l’approvisionnement en intrants, en équipement agricole et la commercialisation de ses produits malgré dix-huit (18) Journées Nationales du Paysans et plus de quinze (15) ans de l’existence de la loi 014. Nous avons même des paysans qui sont des professionnels des ateliers ; les ateliers sont devenus leur production. Cette réalité doit changer. Les structures comme celles du coton et des semenciers sont permanemment en palabre souvent à cause d’une mauvaise gestion et ou d’une mauvaise collaboration. Chacune de ces deux structures a des dossiers en justice. Voilà trois mois que le Président de l’Union Nationale des Producteurs de Coton (UNPCB) est en prison. Cela fait plus d’un an que des producteurs membres de l’UNPCB ont exposé sur l’internet la malversation dans cette structure. Dans un contexte socio-politique où les slogans sont « plus rien ne sera comme avant », « tolérance zéro », la mauvaise gestion des organisations paysannes ne doit pas être encouragée.

 Je me rappelle que dans les années 90, les groupements villageois dans la zone cotonnière ont été surendettés du fait de la mauvaise gestion de leurs dirigeants et cette mauvaise gestion était soutenue par des techniciens accompagnateurs qui y trouvaient leur compte. Les dirigeants de ces groupements étaient devenus des hommes intouchables car amis de toutes les autorités. C’est eux qui pouvaient payer à boire et c’est eux qui partageaient sans raison de l’argent à leur accompagnateur. Résultat : la production cotonnière est tombée  de 180 000 à 116 000 tonnes. Il a fallu une restructuration rigoureuse en mettant de côté ces brebis galeuses. Voilà qu’à la campagne 2003-2004, nous sommes devenus premier pays producteur de coton en Afrique avec 730 000 tonnes. En plus de ce qui précède, dans la multiplication de la semence améliorée (maïs, mil, sorgho, niébé, …), on trouve des graines qui ne sont pas de la semence améliorée. Cela est un crime car l’Etat burkinabé dépense beaucoup d’argent sur cette semence pour donner de n’importe quoi aux producteurs. Il y’a de cela plusieurs années que je ne veux plus ces semences offertes par l’Etat aux producteurs car plus de la moitié n’est pas de la semence améliorée. Là, nous savons qu’il y’a également la complicité des accompagnateurs ; plusieurs de ces accompagnateurs étaient eux même semenciers. Mon père avait l’habitude de me dire que si je fais quelque chose qui n’est pas bien en le cachant aux autres, ce qui est sûr, je ne le cache pas à moi-même car moi-même je sais que ce n’est pas bien et c’est pourquoi je le cache. Dans ce sens, je me trompe moi-même car ça va me rattraper tôt ou tard. Je sais pertinemment qu’avec la volonté politique, on peut relever tous les défis car les Rwandais, après le génocide, se sont mis sur la voie du développement. Aujourd’hui on peut tout reprocher aux Rwandais mais quand tu te rends Rwanda, tu sens la différence entre ce pays et les autres pays en matière d’avancement dans le développement. Je pense que le Burkina peut faire la même chose.

En tant que président d’honneur du syndicat des agriculteurs du Burkina (SYNA-B)

Ouagadougou, le 14 février  2016

TRAORÉ B. François,
Agriculteur Burkinabé,
Docteur honoris causa de l’Université de Gembloux,
E-mail: dadilotbf52@yahoo.fr  
 (+226) 70 95 34 45
 (+226) 78 50 16 25

 BURKINA FASO

jeudi 4 février 2016

Ce que je pense de l’avenir des jeunes après la révolution

La population du Burkina Faso est à plus de 60% jeune ; près de la moitié de cette jeunesse n’a pas eu la chance d’aller à l’école. Ceux qui ont pu aller à l’école ont été souvent mal formés, et ceux qui sont bien formés ont des difficultés à avoir du travail. Certains se trouvent dans l’obligation de se marier, de créer un foyer sans revenu sûr. Malgré toutes ces difficultés, cette jeunesse demeure combative mais souvent sans espoir. C’est ainsi qu’une bonne partie de la jeunesse du milieu rural vient gonfler le nombre de celle de la ville. Les sites d’orpaillage  sont envahis par ces jeunes filles et garçons, en abandonnant l’école. Cette situation et le courage les obligent à traverser les frontières en comptant sur leur capacité de travail. Quelques-uns parmi eux réussissent et d’autres y périssent. C’est dans ce contexte qu’il y a eu l’insurrection de 2014. Ce mouvement populaire, nous pouvons le comparer à la révolution française ; quand le peuple français voulait la liberté, la démocratie et le développement pour toute sa population.

La France a réussi sa révolution et cela a fait d’elle une puissance économique. La jeunesse Burkinabé s’est trouvée dans une situation l’obligeant à se révolter. L’objectif étant la liberté d’entreprendre et l’égalité des chances en ayant un régime démocratiquement élu. La jeunesse et la population Burkinabé ont réussi les différentes étapes en réussissant sa révolution et en réussissant les élections présidentielle et législative. Dans une mondialisation où on prône la démocratie et la liberté, mon souhait est que tous les pays épris de paix, de liberté, de justice et de démocratie collaborent avec notre gouvernement afin qu’il puisse travailler librement pour satisfaire la jeunesse et la population burkinabé en général. La jeunesse attend qu’on lui facilite l’obtention du boulot, qu’on l’aide à satisfaire les besoins primordiaux de la famille car chez nous, on réussit la retraite par la réussite de la jeunesse. J’ai 64 ans ; j’ai de grands enfants, jeunes filles et garçons qui n’ont pas peur de travailler. Ils ont tout simplement besoin d’être accompagnés par une administration responsable qui leur facilite la tâche. Et toutes les familles du Burkina sont comme la mienne. Je souhaite donc que les Burkinabé gardent leur cohésion, une cohésion qui permet de mettre nos partenaires en confiance. Que Dieu nous donne la paix et accompagne cette cohésion.

En tant que Président d’honneur du Syndicat des Agriculteurs du Burkina (SYNA-B)

Ouagadougou, le 04 février  2016

TRAORÉ B. François,
Agriculteur Burkinabé,
Docteur honoris causa de l’Université de Gembloux,
E-mail: dadilotbf52@yahoo.fr  
 (+226) 70 95 34 45
 (+226) 78 50 16 25

 BURKINA FASO

dimanche 24 janvier 2016

Ce que je pense de la sécurité et du civisme au Burkina Faso

Pendant la période des fêtes de fin d’année 2015, le Gouvernement de transition avait pris une décision dans laquelle il interdisait les pétards au Burkina Faso. Cette décision avait été prise pour faire face à l’insécurité et dans le souci de ne pas être surpris des éventuelles attaques. A mon avis cette mesure n’a pas été comprise. La contre information que nous avons eu par la suite était que certains commerçants disaient qu’ils avaient déjà importé les explosifs et payé les taxes de douane. Il fallait qu’ils vendent les explosifs pour entrer dans leur fonds. Le vendredi 15 janvier 2016, les terroristes ont attaqué en plein cœur de Ouagadougou. Nous avons entendu certains qui n’étaient pas sur place et qui ne voyaient pas la scène, dire qu’ils croyaient que c’est les pétards que les gens ont payé pour les fêtes qui continuaient à être utilisés. Cette situation me fait comprendre que la décision qui était prise de ne pas utiliser les explosifs était effectivement pour notre sécurité.

Après ces attaques du 15 janvier 2016, le Président du Burkina Faso et son Premier Ministre, ont eu un ton ferme sur les dispositions qu’ils vont prendre pour contrer ces genres d’attaques. Le Ministre de l’Administration Territoriale et de la Sécurité, Simon COMPAORE, a pris les choses en mains. Ce monsieur est bien connu des Burkinabé pour sa fermeté et sa connaissance du milieu administratif. Il va surement engager des actions dans la sécurité qui mérite d’être soutenues. Nos différents services de sécurité et l’Armée nationale ont des Hommes  capables dans leur sein. Il suffit tout simplement de savoir organiser ces capacités avec une hiérarchie bien repartie. Lors du coup d’état qui a été déjoué et pendant que la médiation de la CEDEAO était en cours, j’avais dit que la seule chose à négocier était la réconciliation entre les éléments du RSP et le peuple burkinabé. Je continue à croire à cela ; certains avec toute leur  capacité de formation se sont soumis au chef d’état-major des armées. D’autres continuent à faire le récalcitrant. Chose qui n’est pas patriote car ils ont tous leurs parent au Burkina Faso. Et c’est le Burkina qu’il faut servir. Ce Burkina a besoin de paix pour que tout le monde gagne sa vie. Comme tous les pays sahéliens sont menacés, une coordination entre ces pays seraient salutaire pour la sécurité des peuples. Le terrorisme étant aujourd’hui un phénomène mondial, tous les peuples du monde doivent mettre leur capacité ensemble pour l’enrailler. Désormais les rencontres de nos dirigeants doivent forcement aboutir à des résultats qui prennent effectivement en compte la sécurité, l’éducation, la formation et le développement. C’est cela la raison de faire la démocratie.   

En tant que militant MPP

Ouagadougou, le 24 janvier 2016

TRAORÉ B. François,
Agriculteur Burkinabé,
Docteur honoris causa de l’Université de Gembloux,
E-mail: dadilotbf52@yahoo.fr  
 (+226) 70 95 34 45
 (+226) 78 50 16 25
 BURKINA FASO

dimanche 17 janvier 2016

Ce que je pense de l’évolution du climat socio-politique au Burkina Faso




Le mandat du gouvernement de transition issu de l’insurrection populaire au Burkina Faso a pris fin en décembre 2015 laissant place au nouveau régime. Roch Marc Christian KABORE qui a été élu président du Burkina Faso vient de mettre en place son gouvernement. Ce que je retiens comme similitude des deux Présidents, KAFANDO et ROCH, c’est les messages de rigueur. En rappel le principal message des premières heures du Président KAFANDO était que rien ne sera plus comme avant. Les actions que j’ai retenues, et qui ont montré ce changement, est que le coup d’état perpétré par le Général DIENDERE ne s’est pas passé comme ils avaient l’habitude de le faire. Par la suite les élections couplées du 29 novembre se sont bien déroulées et ont été appréciées au niveau national et international. Cela veut dire que ce message de rupture avec les mauvaises habitudes du passé correspondait à l’aspiration du peuple burkinabé. Pour ce qui est du Président KABORE, après avoir mis en place un gouvernement que j’apprécie d’ailleurs car il a pris en compte plusieurs sensibilités, le message que j’ai retenu est la tolérance zéro contre celui qui mènera des actions en contradiction avec les intérêts du peuple burkinabé. C’est dans le même sens que son ministre de la justice s’est engagé à agir. En effet, il s’est engagé à agir dans le sens où la justice sera libre de dire le droit rien que le droit. Je souhaite donc courage à ce gouvernement et bonne chance au peuple Burkinabè pour son combat juste.

Les députés issus des élections du 29 novembre ont été installés. Des instances ont été également mises en place. Salifou DIALLO du Mouvement du Peuple pour le Progrès (MPP) a été élu Président de l’Assemblée Nationale du Pays des Hommes intègres. En rappel, lors des élections du 29 novembre sur un total de 127 députés, le MPP a eu 55. L’information qui nous est parvenue lors de l’élection de son Excellence Salifou DIALLO à la tête de l’Assemblée Nationale est que sur les 127 députés 78 ont voté à sa faveur. Et comme il y’avait 02 candidats, ce résultat lui donne une légitimité et renforce le caractère démocratique de cet Assemblée Nationale. Selon les honorables députés que j’ai pu écouter, tous les partis ont été responsabilisés selon les niveaux dans les structures de l’Assemblée Nationale. Je souhaite donc à cette Assemblée un débat démocratique franc qui aboutira chaque fois à un consensus qui va dans le sens de l’intérêt du peuple. Le régime de Roch Marc Christian KABORE a urgemment besoins de lois innovatrices. Ce qui facilitera la gestion de la rigueur prônée par le Président KABORE. Et le peuple  n’attend que cela.

Le 15 janvier 2016 le Burkina Faso a eu plusieurs attaques des djihadistes ; l’attaque de Ouagadougou a fait près d’une trentaine de morts et plusieurs blessés graves dans deux hôtels et un café. Ces attaques ont soulevé l’indignation de tout le peuple Burkinabè. A mon avis cela est grave mais pas une surprise car tous les Burkinabès bien informés savaient qu’il y avait une complicité entre l’ancien régime et les djihadistes. Plusieurs dirigeants de ces djihadistes ont été entretenus au Burkina par l’ancien régime. Les médiations de l’ancien Président n’étaient que des actions de pyromane. Il savait toujours comment il a contribué à mettre le feu et par la suite faisait semblant de l’éteindre. On allait jusqu’à dire que certains de ses généraux étaient les mieux informés de la sous-région. Quand on est au commencement et à la fin, évidemment cela est bien facile. L’ancien Président burkinabé s’est réfugié en Côte-d’Ivoire après près de 30 ans au pouvoir. Il a été chassé par le peuple parce que celui-ci en avait marre. L’histoire retiendra qu’il est venu au pouvoir dans le sang, qu’il a régné dans le sang et qu’il est parti en laissant du sang derrière lui. C’est l’occasion pour  demander au gouvernement de la Côte-d’Ivoire d’aider le peuple burkinabé à se débarrasser de ce système. Tant que l’ancien Président refugié en Côte d’Ivoire sera libre, il va toujours vouloir nous rendre la vie difficile au Burkina et je pense que le gouvernement ivoirien est à mesure de comprendre cela. Comme Charles Taylor, l’ancien Président Ivoirien Laurent GBAGBO et Charles Blé Goudé sont à la  cour pénale internationale parce que ce même gouvernement de la Cote d’Ivoire s’est dit que ceux-ci devaient être éloignés de la Côte-d’Ivoire. Tandis que sa femme est en prison en Côte d’Ivoire. Or Laurent GBAGBO n’a fait qu’une dizaine d’années de règne. Mais le gouvernement actuel de la Cote d’Ivoire s’est donné une liberté pour qualifier son règne. Les religieux disent que tout ce qui te fait mal ; quand ça arrive à ton prochain ça lui fait autant mal. Pour une amitié sincère entre nos deux peuples, comprenons-nous.

En tant que militant MPP

Ouagadougou, le 17 janvier  2016

TRAORÉ B. François,
Agriculteur Burkinabé,
Docteur honoris causa de l’Université de Gembloux,
E-mail: dadilotbf52@yahoo.fr  
 (+226) 70 95 34 45
 (+226) 78 50 16 25
 BURKINA FASO

vendredi 1 janvier 2016

Une analyse de développement par la politique comme vœux de nouvel an

Le 29 décembre 2015 Roch Marc Christian KABORE,  nouveau Président du Burkina Faso a été installé par le conseil constitutionnel. Cela mettait fin au processus de la transition et marquait le début d’un autre processus. Plus d’une dizaine de chefs d’Etats étaient présents à cette investiture et cela est à l’honneur du peuple burkinabé. La particularité qui a attiré mon attention était la présence d’anciens chefs d’Etats particulièrement Olucegum Obasanjo du Nigeria et John Jerry Rawlings du Ghana. Ceux-ci sont l’exemple typique qu’après le règne d’un Président, une autre vie est possible surtout quand on a été nationaliste. Ces deux anciens Présidents sont toujours heureux. Ils sont tous restés dans leur pays après le pouvoir. Quel bonheur de vivre parmi les siens ! Dans l’interview que Rawlings a accordée aux journalistes, il a cité le nom du Président Thomas SANKARA. Cela veut dire que même mort, celui-ci reste pour lui une référence.

            La presse nous dit qu’en 2016 des élections présidentielles auront lieu dans 16 pays africains. Ces élections témoignent que l’Afrique est à la recherche de sa démocratie.Mon souhait est que la population reste vigilante pour faire le bon choix. Les 55 ans d’indépendances nous ont donné suffisamment de leçons car si nous avons été colonisé, c’est parce qu’il y avait quelque chose chez nous dont les autres avaient besoin. Si nous avons pris notre indépendance, c’est pour que la population bénéficie de ce que nous avons comme richesses. La pauvreté de la population africaine nous montre que l’objectif n’est pas encore atteint. Malgré tout, de bons exemples en Afrique nous montrent que le développement est possible. Le souhait désormais, c’est d’avoir des dirigeants qui luttent pour le développement de leur peuple et qui savent tisser un partenariat gagnant-gagnant avec tous les peuples du monde. Il nous arrive d’entendre parler de biens mal acquis de certains de nos dirigeants. Tout cela interpelle nos dirigeants à toujours avoir à l’esprit qu’il faut rendre service qu’au peuple et ne jamais oublier que c’est le peuple qui doit donner le pouvoir et que c’est lui qui peut le retirer.

            Je souhaite une bonne et heureuse année 2016 à tout le peuple africain et que la paix soit dans le monde entier.

En tant que Président d’honneur du syndicat des agriculteurs du Burkina (SYNA-B)

Ouagadougou, le 01 janvier  2016

TRAORÉ B. François,
Agriculteur Burkinabé,
Docteur honoris causa de l’Université de Gembloux,
E-mail: dadilotbf52@yahoo.fr  
(+226) 70 95 34 45
 (+226) 78 50 16 25
 BURKINA FASO