jeudi 10 mai 2012

Ce que je pense de la cinquième réunion bilan du programme régional de protection intégrée du cotonnier en Afrique (PR-PICA)

Les 17, 18 et 19 Avril 2012 s’est tenue à Grand Bassam en Côte d’ivoire, la cinquième réunion bilan du Programme Régional de Protection Intégrée du cotonnier en Afrique (PR-PICA). J’ai été invité par le comité d’organisation qui est l’interprofession coton de la Côte d’ivoire. Selon les organisateurs, ils m’invitent pour tout ce que j’ai fait pour le coton dans les pays africains et au niveau international. Cette rencontre a réuni d’une part, tous les représentants de la filière coton (organisations de producteurs de coton, sociétés cotonnières, structures de recherche…) des pays membre du PR-PICA (Bénin, Burkina Faso, Côte-d’Ivoire, Mali, Sénégal et Togo), d’autre part les représentants du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique de la Côte d’Ivoire et des firmes partenaires.
Dans son discours d’ouverture, le représentant du ministre de l’agriculture ivoirien dit que s’il y a une rencontre sur le parasitisme dans le coton en Afrique, c’est important pour eux que moi TRAORE François je sois là, parce qu’ils savent qu’en prononçant seulement mon nom dans un champ de coton, les parasites ont peur. Dans ce même discours d’ouverture, il a trouvé l’esprit du PR-PICA salutaire car selon lui l’insecte n’a pas de frontière. Pour lui la nature a tout donné gratuitement à l’Homme ; que ce soit la terre ou l’eau. C’est l’Homme dans sa façon de faire et surtout l’Homme africain qui doit raisonner africain. Il doit savoir que son existence est liée à celle de l’autre. En résolvant son problème individuel, l’Homme doit aussi se préoccuper de la résolution des problèmes des autres. Chaque fois qu’il ne pensera rien qu’à ses seuls intérêts, vouloir que ce soit lui seul qui gagne sans partage, il se crée des problèmes sans le savoir. Cela est même contre les lois de la nature. Le représentant du Ministre de l’agriculture ivoirien a donc souhaité que les différents maillons de la filière cotonnière africaine qui donnent déjà un bon exemple d’intégration soient une lumière pour les autres filières et pour le développement en Afrique.
Les travaux de la présente réunion bilan du projet PR-PICA ont porté sur : la présentation de la synthèse des acquis du PR-PICA de 2007 à 2010, la situation de la campagne agricole 2011/2012 dans chaque pays du PR-PICA, la surveillance parasitaire, le suivi de la migration des populations adultes et de la résistance des insectes aux insecticides, les méthodes et stratégies de lutte, le transfert de technologies, la formation et l’ information et des exposés de partenaires extérieurs.
Des recommandations ont été faites à l’issue de la série de communication sur ces thèmes. Vu la synthèse des acquis du PR-PICA, il a été recommandé de réadapter les programmes de protection du cotonnier contre les ravageurs (chenilles et piqueurs suceurs) afin d’assurer une meilleure surveillance des infestations de ces ravageurs dans les champs. Pour éviter des pertes de récolte dues à certains insectes, il faut récolter tôt en réalisant la 1ère récolte à 50% d’ouverture des capsules, la 2ème récolte à 14 jours après la 1ère récolte et la 3ème récolte à 14 jours après la 2ème récolte. Cette récolte précoce réduit le temps d’exposition du coton graine à l’insecte. Une solution durable contre les chenilles et les piqueurs suceurs exigent un suivi régulier de leur résistance aux insecticides et une poursuite des prospections. L’étude de la rentabilité a révélé qu’une mise au point de nouvelles stratégies de protection du cotonnier  a été avantageuse. Elle a permis d’obtenir une production satisfaisante dans la plus part des pays membres. En somme, il a été jugé nécessaire de s’ouvrir au coton génétiquement modifié (CGM) vu les résultats enregistrés au Burkina Faso, d’harmoniser les méthodes de calcul pour l’évaluation des impacts socio économiques des innovations testées, d’impliquer dans les pays membres du PR-PICA les autres disciplines dans les programmes de gestion intégrée du cotonnier (agronomes, malherbologues, phytopathologistes, sélectionneurs, etc.) et de s’adapter aux conditions climatiques.
Cette réunion bilan a été également ponctuée par l’exposé de deux partenaires extérieurs. Il s’agit du Fonds Interprofessionnel pour la Recherche et le Conseil Agricoles (FIRCA) et la société TOGUNA Agro-industries. En perspectives, la société TOGUNA Agro-industries ambitionne entre autre de produire des phosphates naturels en granulé et des engrais moins chers et en plus des pays membres du PR-PICA, étendre son réseau de distribution au Niger, au Ghana et à la Guinée. Le FIRCA quant à lui, envisage poursuivre ses interventions dans la recherche agronomique appliquée, le conseil-vulgarisation, la formation aux métiers agricoles et le renforcement des capacités des organisations professionnelles agricoles.
Moi, François TRAORE en tant que défenseur de l’agriculture et particulièrement du coton africain, j’ai toujours soutenu cette initiative du PR-PICA qui est une initiative propre aux filières cotonnières africaines. Ce n’est que dans un esprit de partage d’appropriation de tout ce qui est positif que la filière cotonnière peut être préservée pour augmenter sa rentabilité. Je souhaite toujours que les gouvernements, les sociétés cotonnières et tous les partenaires qui ont compris que la filière cotonnière africaine est un outil de développement, soutiennent cette initiative du PR-PICA financièrement parce que l’existence du coton est liée à la bonne semence et à la protection du cotonnier. Cette maitrise demande un travail cordonné. Il y a eu plusieurs initiatives pour soutenir la filière cotonnière africaine lors de l’initiative de Paris. L’initiative de Paris n’était pas pour remplacer les revenus du coton, mais c’était pour soutenir des initiatives comme celle de PR-PICA. En quelques années d’existence le PR-PICA a montré sa bonne volonté et son engagement. Avec lui, le coton a de l’avenir. Je termine en remerciant son comité d’organisation en m’adressant au président de l’interprofession ivoirien qui, avec toute son équipe, a travaillé à ce que mon séjour soit agréable pendant la réunion. Vive la filière cotonnière ivoirienne, vive la PR-PICA, vive le coton africain !

                                         Ouagadougou, le 06 mai 2012
                                         TRAOE B. François,
                                          www.francoistraore.blogspot.com                              
                                          Président d’honneur de l’AProCA,
                                           Docteur honoris causa de l’université
                                           de GEMBLOUX.
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dimanche 22 avril 2012

Ce que je pense de la 19è assemblée générale ordinaire de l’UGCPA


L’UGCPA à sa 19e assemblée générale ordinaire tenue les 28 et 29 mars 2012 à Dédougou m’a fait appel en tant qu’ambassadeur des nations unies pour l’année 2012,  année des coopératives. L’UGCPA a choisi comme thème de cette assemblée, « la place des coopératives dans la sécurité alimentaire ». La structure, a travaillé pendant dix neuf ans pour la mise à marché collective des produits agricoles. Il met sur le marché principalement les céréales, le bissap et le niébé. Pour avoir des produits  de qualité, il travaille en étroite collaboration avec la recherche pour avoir des semences de qualité et adaptées aux conditions climatiques et pédologiques. Ensuite, ces semences de base obtenues par la recherche sont mises à la disposition des producteurs d’un niveau de technicité avancée pour les multiplier. Ces semences améliorées multipliées sont redistribuées aux producteurs membres de l’UGCPA. Pour mieux produire, l’UGCPA met à la disposition de ses membres de l’engrais selon la capacité de chacun. Elle a également formé ses membres à la fabrication et à l’utilisation de la fumure organique. Tout cela a été possible parce que les paysans ont compris la vie coopérative. Malgré toutes ces dispositions qui permettent de rendre service à ses membres, moi, étant membre de l’UGCPA et vu mon expérience, ils ont voulu mon analyse sur l’année des coopératives afin que cela encourage les producteurs membres de cette structure.
Dans mon intervention, j’ai dit que les producteurs membres de l’UGCPA ne doivent pas seulement voir leur intérêt financier; ils ont aussi des opportunités à travers cette structure : étant tous de localités différentes, les échanges entre eux sont aussi très importants car ils leur permettent de partager leurs expériences et leurs difficultés pour mieux réussir. Très souvent, on peut trouver la solution à son problème avec quelqu’un qui l’a vécu et qui a déjà trouvé une solution à ce problème. L’autre intérêt est qu’ils bénéficient de formations souvent appuyées par des partenaires parce qu’ils sont dans une structure. Du fait que l’UGCPA leur apprenne à calculer leur ration alimentaire, ils arrivent à évaluer la quantité de céréales nécessaire à leur alimentation dans l’année et le reste destiné à la commercialisation est mis à la disposition de la structure. Ces céréales destinées à la vente sont nettoyées et calibrées pour avoir un produit de qualité. Du coût, cela sécurise leurs familles ; le reste des céréales étant commercialisé par l’UGCPA sans beaucoup d’intermédiaires aux structures étatiques qui s’occupent de la sécurité alimentaire et à certains partenaires qui achètent et qui les livrent directement aux consommateurs. Cela est une contribution inestimable pour la souveraineté alimentaire.

Un bon citoyen dans une nation doit mener une activité utile à sa nation. C’est cet esprit coopératif qui permet à tout un chacun de pouvoir avoir sa place dans la société tout petit qu’il soit, qui a poussé les nations unies à choisir cette année 2012, l’année des coopératives. Je suis donc membre d’un groupe consultatif au niveau national comme au niveau international pour prôner cet esprit coopératif. Notre objectif est d’encourager tous les acteurs à se mettre ensemble pour être fort et pour partager leurs expériences.


                                         Ouagadougou, le  12 avril 2012
                                                  TRAOE B. François,
                                                    www.francoistraore.blogspot.com                                 
                                                   Président d’honneur de l’AProCA,
                                                   Docteur honoris causa de l’université
                                                   de GEMBLOUX.
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dimanche 1 avril 2012

Ce que je pense d’un des sujets débattus à la formation de Cotonou

Les thèmes de formation de l’université du Coton des cadres des sociétés cotonnières à Cotonou touchaient des points sensibles de la filière. Ce troisième écrit sur la même formation analyse un des sujets dont nous avons discuté à Cotonou. Il s’agit de l’utilisation de l’engrais destiné au coton dans le champ de maïs. Les participants ont évoqué le fait que les producteurs ne bénéficiant pas d’engrais pour le maïs, utilisent  une partie de l’engrais commandé pour le coton pour le champ de maïs. Cette façon de faire modifie le dosage qui devrait être mis dans le coton : au lieu de 200 kg engrais et urée confondue, c’est 100 à 150 kg qui sont souvent mis dans le champ de coton et le reste dans le maïs.
Nous savons pourtant que la rotation entre le coton et le maïs est recommandé. Cette rotation est une bonne technique culturale. Tout le monde reconnait également que c’est le bon producteur de coton qui est bon producteur de maïs. Le bon producteur de coton a un niveau de professionnalisme avancé qu’il utilise sur les autres cultures comme le maïs. Cela fait que de nos jours une grande partie de l’alimentation du producteur de coton est fait de maïs. Quand un habitant de la ville va vers la zone cotonnière, un des reflexes c’est de s’approvisionner en maïs pour sa famille. Lorsque les grands commerçants et les organismes veulent du maïs, c’est dans la zone cotonnière qu’ils peuvent l’avoir en quantité suffisante ; si la production du maïs ne se fait que par de l’engrais détourné, la solution la plus facile pour l’arrêter serait d’interdire les producteurs de coton de cultiver du maïs, alors que dans une campagne difficile comme l’année 2012 aucun pays ne peut se permettre une telle décision. Dans la zone de l’UEMOA le maïs est l’une des filières prioritaires ; donc pour moi ce sujet mérite une réflexion sérieuse et approfondie. L’essentiel pour moi est que la tâche du producteur soit facilitée, qu’il puisse appliquer la technique de rotation recommandé et que la fertilisation soit bien faite pour que cela augmente son rendement et ses revenues.

                                         Ouagadougou, le  1er avril 2012
                                                   TRAORE B. François,  
                                                   http://www.francoistraore.blogspot.com/                        
                                                   Président d’honneur de l’AProCA,
           Docteur honoris causa de l’université

           de GEMBLOUX.

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mardi 27 mars 2012

Ce que je pense des techniques abordées lors de la formation de l’université du coton des dirigeants et salariés des sociétés cotonnières à Cotonou.

Ce texte est une suite logique du précédent de la formation du 27 février au 1er mars 2012 à Cotonou. La formation des élus et des salariés des sociétés cotonnières à Cotonou a dégagé des méthodes d’entretien et de fertilisation des sols dont je veux faire part dans cet écrit. La terre est naturellement fertilisée par les résidus de la végétation. La décomposition de ces résidus est favorisée par des organismes vivants du sol (bactéries, vers de terre, insectes...). Lorsque nous coupons les arbres pour cultiver les champs, les plants vivent de la décomposition de cette matière dans la terre ; mais, il n’y a plus d’apport nouveau des résidus de la végétation. Les différentes plantes cultivées ne tirent pas du sol les mêmes éléments nutritifs. C’est ainsi que dans le cas du coton en Afrique, les chercheurs ont préconisé la rotation entre les cultures. Quand j’ai eu mon premier tracteur en 1986, la culture de rotation recommandée par la recherche après le coton était le maïs ; après le maïs il fallait mettre le sorgho. A Cotonou, les participants étaient unanimes que la rotation entre les cultures est très importante. Les légumineuses comme le niébé et le soja ont été ajouté à ses cultures de rotation.

C’est avec la culture du coton que les paysans producteurs de coton ont découvert l’engrais. L’engrais est un apport minéral qui permet à la plante d’avoir son complément nutritif. Mais l’engrais n’est utile que, quand il y a une bonne dose de matière organique. Selon les professeurs de l’UPB, les besoins nutritifs en engrais diffèrent selon la plante et le type de terrain. C’est pour cela que la composition de l’engrais maïs n’est pas identique à celle de l’engrais coton. Dans ce contexte chaque zone de production cotonnière devrait pouvoir adapter son engrais à sa terre.

Malgré le système de rotation entre les cultures et l’apport de la fumure minérale, on peut se rendre compte que la fertilisation de la terre baisse si la matière organique n’est pas renouvelée. C’est dans ce sens que plusieurs modèles de fertilisations en matière organique ont été proposés : la décomposition des résidus de culture avec les produits chimiques ; le compostage fait soit avec la décomposition des résidus associés aux excréments de bétails soit avec la décomposition des feuilles et des herbes. Pour réussir ces techniques, il faut la disponibilité de l’eau et une vraie solution pour arrêter les feux de brousse, puisque la matière à décomposer (herbes et feuilles des arbres) est détruite par les feux de brousse.

Pour assurer la disponibilité de cette matière organique et accroître la fertilité des sols, un certain nombre de techniques d’entretien ont été recommandées : on peut citer le semi sous couvert végétal qui consiste à couvrir la terre avec soit de l’herbe, soit avec des résidus de la culture. Mais le semi sous couvert végétal n’est possible que si l’on a une solution à la divagation des animaux et aux feux de brousse. La fertilisation de la terre nécessite également une lutte anti érosive car avec la culture, le ruissèlement d’eau emporte souvent la matière organique et même la terre fertile avec elle. Dans ce sens, il est recommandé des cordons pierreux pour bloquer l’écoulement de l’eau. On peut le faire également avec de l’herbe résistante comme l’andropogon gayanus. La technique des demi-lunes qui consiste à faire des tracés en demi-lune pour conserver l’eau permet aussi de freiner l’érosion et même de rendre l’humidité disponible pour la plante. Elle peut être adaptée à certaines cultures ou zones. Le « zaïlle » qui consiste à creuser des trous par poquet selon les plantes dans lesquels on met la fumure organique et ensuite on sème dans ces poquets, est également une alternative. Il y a enfin la technique d’agroforesterie qui consiste à planter des arbres bien sélectionnées qui permettent de ralentir le ruissellement d’eau et qui aide également à conserver la terre. Dans certains pays, les déchets et les urines humains sont utilisés pour la fertilisation des sols. L’expérience d’ECOSAN qui permet de faire récupérer et sécher les excréments et les urines d’homme pour  le maraichage, a été citée au Burkina Faso. Toutes ces techniques sont issues du partage entre les formateurs et les formés. Cela veut dire que tout ce qui permet de conserver la terre a été débattu et connu. Il reste donc leurs applications.

Moi, je pense que si nous voulons que l’agriculture africaine ne disparaisse pas un jour, il faut réellement que nous utilisons ces technologies. J’ai été toujours surpris du faite qu’en Afrique, l’agriculteur et l’éleveur soient souvent en conflits. Moi je n’ai pas fait des études en occident ; j’ai tout simplement visité l’occident et je me suis fait une idée. Au Canada par exemple, un éleveur doit avoir une surface d’exploitation suffisante pour épandre ses déchets et urines de vache. Ces déchets lui servent de fertilisation pour son champ de maïs. Ce maïs récolté est redonné aux vaches. Une vache qui mange du maïs et du sorgho, peut donner parfois 60 litres de lait par jour et ce lait nourrit l’homme. Chez nous en Afrique, la graine de coton est beaucoup utile pour les animaux alors qu’elle traverse souvent les frontières. En Afrique, la graine devrait permettre à l’éleveur et l’agriculteur de mieux collaborer, car  la logique aurait voulu que les excréments de vache soient disponibles pour les champs de coton pour que la graine ou l’aliment bétail à base de coton soit suffisant pour ces animaux. Ainsi, la vache produirait plus de lait pour l’éleveur et l’agriculteur aura du coton et de l’argent. Mieux, le producteur peut être à la fois éleveur pour bénéficier des excréments des animaux, produire pour les nourrir et éviter la divagation ; de même un éleveur peut cultiver pour nourrir ces animaux.

La technologie a des règles universelles. Ce n’est pas parce que nous, nous sommes pauvres qu’elle va nous suivre dans nos paradoxes. Une terre qui n’a pas d’apport de fertilisants va forcement s’appauvrir. Une terre pauvre (en la cultivant) ne peut pas nourrir son homme. De même l’élevage qui est nourri rien que dans la nature et dans la divagation, ne produira jamais suffisamment du lait en Afrique. Avec un nombre de tête de bétail élevé qui n’est pas nourri par l’agriculture, des carcasses de bœufs seront toujours transportées et liquidées aux bouchers. Ces carcasses sont souvent vendues à 5% du prix d’un animal bien nourri; dans nos villes, les populations ne mangeront pas de la bonne viande avec ces carcasses. L’éleveur restera un éleveur de subsistance, on va toujours importer le lait et les déchets de vaches en transhumance ou en divagation ne seront pas disponibles pour fertiliser les champs. Tant que nous ferons des plans d’actions sans prendre tout cela en compte, nous resterons toujours un marché potentiel où les grands producteurs de lait vont venir vendre leur lait. L’élevage au lieu de fertiliser nos terres va contribuer à les dégrader. Je termine en disant que moi je suis agriculteur et éleveur en même tant. Dans mon champ avec mes animaux, il y a complémentarité.

                                        

                                                Dimanche, le 25 mars 2012

                                                     TRAORE B. François, 
                                                 www.francoistraore.blogspot.com                        
                                                Président d’honneur de l’AProCA,
                                                Docteur honoris causa.
                                                 (+226) 70 95 34 45
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samedi 17 mars 2012

Ce que je pense de la formation des cadres dirigeants et salariés des sociétés cotonnières.

  Du 27 Février au 1er Mars 2012, en tant que membre initiateur de l’université du coton, j’ai été désigné par le président de l’AProCA pour suivre la session de formation des cadres dirigeants et salariés des sociétés cotonnières à Cotonou, organisée par l’AProCA et l’ACA. Il s’agissait de renforcer leurs capacités opérationnelles en matière de gestion des ressources naturelles, de fertilité des sols, de gestions des conflits et de réfléchir sur pourquoi toutes les itinéraires techniques ne sont pas appliquées. Cette session n’est pas classique. Il s’agissait surtout de partages d’expériences sur les pratiques sur le terrain et de faire le lien avec la théorie.

D’une façon générale en Afrique, le coton est cultivé en industriel il y a près de 50 ans. Au départ, les terres étaient naturellement fertiles mais, le niveau de technicité des producteurs était limité. Les producteurs de coton ont été formés pour les semis en ligne et l’entretien du cotonnier. 50 ans après, les terres se sont appauvries, se sont dégradées, les rendements ont baissé entraînant la baisse des revenus des producteurs. Le coton qui a montré sa place dans la lutte contre la pauvreté et son influence dans la sécurité alimentaire se voie prendre un coût. Entre temps, cela nous a même poussés dans les années 2000 à revendiquer l’arrêt des subventions nocives à la règle du marché libre. Cette lutte continue toujours à l’OMC mais, le problème de rendement demeure. Dans ce monde en mutation, l’obligation est faite à ceux qui veulent exister et émerger d’avoir le courage de faire leur auto-diagnostique et de se faire une pression de changement positif.

Un technicien qui suit les producteurs de nos jours, qui n’arrive pas à influencer leur rendement, doit pouvoir se poser la question : est-ce qu’il a la méthode ? Lui en tant que technicien, qu’est-ce qui fait son image ? Est-ce le nombre de diplômes ? Est-ce sa capacité et sa compétence à aider le producteur à augmenter son rendement et ses revenus ? A mon
avis, comme la culture du coton est du business, il faut vendre beaucoup pour gagner beaucoup ; donc une société cotonnière doit se dire : Je ne suis pas seule dans la production cotonnière, si je veux exister, il faut que j’aie beaucoup de coton. Pour avoir beaucoup de coton, il faut que le producteur gagne dans le coton. Pour gagner dans le coton, l’augmentation du rendement est incontournable. C’est pour cela qu’à la fin de la formation, la dernière étape était l’engagement personnel de chaque cadre ou technicien formé et l’engagement collectif de chaque société représentée pour résoudre toutes ces difficultés.


L’un des challenges de l’Afrique actuelle est de lutter contre la pauvreté, d’atteindre l’autosuffisance alimentaire dans la mesure où la croissance de la population africaine dépasse de loin celle de la production agricole. La pression démographique et la mauvaise gestion des ressources naturelles sont la source de la dégradation des sols et des forêts. Selon ce que j’ai compris des formateurs (professeurs de l’Université Polytechnique de Bobo-dioulasso : UPB), l’accroissement du niveau de productivité nécessite une gestion intégrée de la fertilité des sols qui favorise le maintien des ressources naturelles fondamentales ; ils conseillent également la pratique de l’agroforesterie où l’agriculture rend service à l’environnement. Selon nous les agriculteurs africains, les terres se raréfient et ne sont plus fertiles ; pendant que si je prends l’exemple de l’Inde, en 2009, quelqu’un m’a dit que la densité de sa population était de 350 personnes au km2. Malgré cette forte densité, tout le monde sait que l’Inde est citée parmi les grands pays émergents. On m’a également dit que le Japon est un des pays qui n’ont pas de terre mais le japon envoie le riz en Afrique. En Israël, on m’a dit qu’il pleut moins ou presque pas certaines années, qu’il y manque de terre mais, il est l’un des meilleurs producteurs au monde; par exemple dans le coton, ils peuvent faire 6 tonnes/ha contre 1,100 tonne en Afrique de l’ouest. Donc, tout ce que nous trouvons en tant que agriculteurs en Afrique comme difficultés, a été vécu ailleurs et des solutions ont été trouvées. Tant que nous n’allons pas croire que c’est possible également chez nous en acceptant le changement positif de comportement, la pression de la mondialisation va nous avaler.

Selon The Global Assessment of Soil Degradation (GLASOD), 65% des sols agricoles en Afrique subsaharienne sont dégradées (soit 494 millions d’ha). Cela ne s’explique pas seulement par l’activité agricole et animale mais surtout par le faible niveau de l’utilisation des itinéraires techniques par les agriculteurs. Dans ce sens, l’amélioration du niveau technique des producteurs s’avère obligatoire. Mais, le respect de l’itinéraire technique
suppose une bonne perception de la notion de profitabilité par les producteurs. Dans tous les cas, selon les formateurs, « Il faut arriver à concilier la forte demande en terre cultivable et en terre de pâturage pour l’élevage et l’accélération de la dégradation des sols ». Je pense que cela doit être un engagement politique et national. Il m’arrive de suivre certains programmes et projets en Afrique qui, à la fin, sont exécutés à 70%. On pense que le projet s’est bien exécuté parce qu’on est satisfait des résultats. Alors que pour émerger, le taux d’exécution d’un projet ou d’un programme bien ficelé d’un pays ou d’une entreprise doit nécessairement atteindre 100% à 120%. Tous les pays qui ont émergé, sont passés par cette performance. Mais, quand on fait moins de que ce qu’on a prévu et qu’on pense que ce qu’on a prévu était ce qu’il fallait, si on fait moins de 100%, on a reculé. On doit pouvoir travailler doublement si l’on veut émerger vraiment. 
En ce qui concerne la gestion des conflits, ce que j’ai compris des formateurs, est qu’il convient d’abord de considérer le conflit comme un aspect du changement positif. Le conflit peut être source d’innovation, de savoir et de créativité s’il est bien géré. Selon l’un des formateurs, le conflit un est début de solution. Moi, je pense que dans le business, la solution qui permet à un conflit d’avancer, c’est celle issue d’un consensus entre les deux parties. Cela a pour avantage de garder un lien de partenariat entre les deux parties. L’intervention du médiateur est le moindre mal qu’on puisse se faire dans la gestion d’un conflit. C’est pour cela qu’on peut faire appel à un médiateur. Mais celui-ci doit afficher sa neutralité, son impartialité et avoir des compétences.

Entre deux partenaires, à défaut de s’accorder à deux, ou qu’un médiateur vous permettent de vous accorder, la solution extrême reste la solution juridique. La solution juridique vient d’un pouvoir. Et une juridiction dans les normes, est faite pour le bien de tout le monde. Cependant l’idéal, c’est de prévenir les conflits par une communication de qualité entre les différents acteurs et par leur formation aux fonctionnements humains d’où l’intérêt de la présente session de formation.


                                                Ouagadougou, le 17 mars 2012
                                                   TRAORE B. François,
                                                  www.francoistraore.blogspot.com                        
                                                   Président d’honneur de l’AProCA,
                                                   Docteur honoris causa de l’université
                                                   de GEMBLOUX.
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samedi 25 février 2012

Ce que je pense de la 5ème réunion du Comité d’Orientation et de suivi (COS) du Programme Régional de Biosécurité de l’UEMOA (PRB/UEMOA)

Du 01 au 03 février 2012, j’ai participé en tant que représentant de l’AProCA, à la 5ème réunion du Comité d’Orientation et de suivi (COS) du Programme Régional de Biosécurité de l’UEMOA (PRB/UEMOA) à Ouagadougou. La mise en œuvre de ce programme régional a été adoptée par le conseil des Ministres de l’UEMOA le 6 avril 2007.

Ce programme vise à protéger la biodiversité régionale contre les risques potentiels associés à l’introduction des Organismes Vivants Modifiés (OVM) et des produits dérivés dans l’espace UEMOA. L’objectif de développement est d’élaborer et de mettre en place un cadre juridique communautaire de biosécurité en vue de permettre aux Etats membres de l’UEMOA, de faire face à leurs obligations vis-à-vis du Protocole de Cartagena sur la prévention des risques biotechnologiques, relatif à la Convention sur la Diversité Biologique.

Un Comité d’Orientation et de suivi (COS) a été mis sur place afin de veiller à une bonne exécution du Programme à travers des suivis réguliers de ses activités. La présente rencontre de ce comité avait pour objectifs de : faire le bilan de l’exécution des recommandations de la 4e réunion, présenter le rapport d’activité 2011, présenter le programme de travail et de budget 2012, puis formuler des recommandations en vue d’améliorer les performances du programme.

Cette réunion a réuni les représentants des organisations régionales de la société civile (COPAGEN, ROPPA, RECAO, AProCA), les représentants d’institutions UICN,) en plus des experts de la commission de l’UEMOA. De façon globale, il ressort que le taux d’exécution des recommandations de la 4e réunion du COS est acceptable car les activités prévues ont été réalisées à plus de 50%.

Le représentant de la Commission de l'UEMOA a, au cours de cette rencontre, rappelé la vision 2020 prônée par les Chefs d'Etats de l'UEMOA qui est de «transformer l'Afrique de l'Ouest en un espace sans frontière où les citoyens pourront bénéficier d'opportunités et exploiter de manière durable, les énormes ressources de la région ». Il est prévu la construction d’un centre national à caractère régional de biosécurité au Burkina Faso qui doit soutenir les différents centres nationaux de la sous région.

Au Burkina Faso, la filière coton est déjà engagée dans la biotechnologie. Moi particulièrement, cela fait quatre (4) ans que je cultive le coton génétiquement modifié. Dans mon champ, c’est un succès. Le coton génétiquement modifié semé même en retard, arrive à boucler son cycle parce qu’il est préservé dès sa levée. Il n’est pas surpris par une attaque parasitaire jusqu’aux deux traitements de fin de cycle. La graine de ce coton est consommée depuis qu’on le cultive au Burkina et ne suffit même pas.

La dernière assemblée générale de l’AProCA qui s’est tenue le 06 décembre 2011 à Banjul, a donné la position de l’AProCA sur la biotechnologie qui consiste à rester ouverte à cette technologie et à laisser la liberté à chaque structure membre avec son gouvernement de s’y engager. En effet, plusieurs pays de la sous région se préparent pour s’y engager. Le centre national à caractère régional de biosécurité du Burkina doit servir à éclairer les autres centres de la sous région et rassurer les producteurs dans l’évolution de la biotechnologie. J’ai eu l’occasion d’aller en Inde en 2009. Son coton est à 70% OGM. J’ai également constaté qu’elle a une capacité de suivi extraordinaire de cette technologie. Je pense donc que la sous région africaine a besoin de cette capacité parce que les changements climatiques nous obligent à des alternatives.

J’encourage les institutions africaines à se donner la main pour accompagner tout ce qui peut aider l’Afrique à se développer. Le monde ne nous attend pas alors que monsieur la pauvreté et madame la famine, sa femme veulent s’installer en Afrique et la gouverner. Nous ne devons pas le leur permettre.

Ouagadougou, le 25 février 2012

TRAOE B. François,

www.francoistraore.blogspot.com

Président d’honneur de l’AProCA,

Docteur honoris causa de l’université

de GEMBLOUX.

(+226) 70 95 34 45

(+226) 78 50 16 25



lundi 6 février 2012

Ce que je pense du séminaire final du projet CFC/ICAC/33

Du 18 au 19 janvier 2012, j’ai participé au séminaire final du projet CFC/ICAC/33 à Arusha en Tanzanie en tant que représentant de l’AProCA. Il s’agit d’un projet d’une durée de 4 ans (2007 à 2011) exécuté par Faseintitut Bremene E.V. (FIBRE) avec le cofinancement de l’Union européenne (UE) et le Fond Commun pour les matières Premières (CFC). Les partenaires ayant participé à l’exécution de ce projet sont FIBRE, CIRAD (France), CERTITEX (Mali), SOFITEX (Burkina Faso), TBS (Tanzanie) et TCB (Tanzanie). L’ICAC, acteur du coton de tous les jours était représenté par son président. Des négociants du coton et d’autres partenaires étaient également présents. Les bénéficiaires de ce projet qui sont les acteurs du coton africain dont les sociétés cotonnières, les chercheurs et les producteurs y étaient représentés.

L’objectif du projet CFC/ICAC/33 est d’installer deux centres techniques régionaux au Mali et en Tanzanie dotés de machines (chaine HVI) qui permettent de déterminer la qualité du coton africain à sa juste valeur. Pendant les 4 ans, plusieurs rencontres et formations ont eu lieu. Aujourd’hui les deux centres sont installés.

Selon un représentant américain participant à la rencontre, cette technologie a été initiée par les fermiers américains. Ces fermiers américains ont à un moment décidé de se doter de machines qui mesurent la qualité de leur coton : la longueur de la fibre, la ténacité et le « micronaire » pour que chaque fois qu’un acheteur de coton voit leur coton, qu’il reconnaisse sa qualité. C’est ce qui fait que la qualité du coton américain a longtemps été la référence standard mondiale. Selon les américains, pour avoir une qualité homogène de coton, il faut la sélection d’une bonne variété adaptée, puis l’utilisation d’une même bonne technique culturale y compris la maîtrise de l’eau. A cela il faut ajouter une bonne utilisation du matériel d’égrenage de qualité. C’est tout cela qu’ils appellent le paquet technologique pour avoir un coton homogène. Les chercheurs et les agriculteurs américains ont beaucoup travaillé dans ce sens pour maîtriser toutes ces étapes.

Ce sont ces efforts que les Américains ont voulu qualifier en créant la chaine HVI qui permet de mesurer la qualité du coton. Par la suite, le système de la chaine HVI a été utilisé par les acteurs du coton chinois, indiens et brésiliens.

En Afrique, toutes les sociétés cotonnières ont commencé à déterminer la qualité du coton par la mesure faite à la main. Quelques sociétés cotonnières ont commencé à se doter des machines (HVI). L’installation des deux centres techniques (chaine HVI) devrait venir compléter tout cela. Les participants veulent qu’en dépit des mesures qui existent dans chaque zone c’est-à dire la mesure à la main ou à la machine, que chaque société relevant d’une zone accepte envoyer ses échantillons dans ces centres techniques. C’est par ce biais qu’on pourra un jour parler de standard coton africain.

Le coton africain a l’avantage d’être récolté à la main ce qui est important pour la qualité de la fibre. Mais, l’Afrique devra travailler à la recherche de bonnes variétés adaptées à chaque zone pour combler la petitesse des exploitations et à améliorer le paquet technologique à travers des conseils aux agriculteurs afin d’élever le rendement de la production. C’est par ce biais que l’Afrique peut aussi faire son standard de coton.

Les pays producteurs de coton africain étant dans leur grande majorité en culture pluviale doivent également penser à la maîtrise de l’eau. En Afrique de l’ouest les agriculteurs qui ont une facilité d’accès aux intrants ont un rendement moyen de 900kg à 1200kg/ha, tandis que ceux de l’Est dont la majorité a des difficultés d’accès aux intrants ont un rendement moyen de 500 à 800kg/ha. Pendant ce temps, certains producteurs de grands pays producteurs de coton atteignent 4000kg/ha. Cependant chez les fermiers américains, la taille moyenne d’une exploitation est de 1000 ha à plus de 10 000 ha et possèdent tous des usines d’égrainage.

Dans l’égrenage du coton, il existe deux formes : le système de scies et celui du rouleau. L’avantage du système rouleau est qu’il compresse la graine et fatigue moins la fibre.

Tous ces aspects maîtrisés peuvent permettre à l’Afrique d’avoir en effet un coton de qualité homogène qui se vend facilement et souvent très bien ; or c’est quand on vend bien qu’on a de bons revenus. La bonne répartition des revenus de cette bonne vente aux acteurs (sociétés cotonnières et agriculteurs) augmentera non seulement la quantité du coton africain mais réduira aussi la pauvreté surtout en milieu rural. La quantité du coton fibre africain est estimée à 1 400 000 tonnes en 2011 pendant que la production mondiale était de 24 872 000 tonnes et la consommation mondiale de 24 459 000 tonnes. L’Afrique avec 1 400 000 tonnes a baissé de production et c’est l’Inde et la Chine qui augmentent leur production et récupèrent notre part de marché. Il faut aussi se dire que l’Inde et la chine transforment presque la totalité de leur coton. Cela veut dire qu’il est plus facile pour eux d’adapter la qualité de leur coton aux exigences de leurs transformateurs tandis que le peu de coton produit en Afrique est exporté à plus de 90% au marché qui dicte sa loi. Donc, c’est seulement par une bonne qualité que le coton africain peut attirer les négociants. Cette qualité doit être prouvée par la chaine HVI.

Le voyage que j’ai effectué en Afrique orientale m’a encore conforté du faite qu’il y existe toujours de la place en Afrique pour cultiver le coton. Il n’est pas rare de parcourir 1000 km sans voir un village. Il y a des moments où je me suis senti au Texas; seulement ce n’était pas des champs mais de la terre. Connaissant aussi les potentialités en terre cultivable en Afrique de l’ouest, je suis sûr que l’Afrique a de l’avenir dans l’agriculture et particulièrement dans le coton.

A la fin de ce séminaire qui coïncide avec la fin de ce projet, nous nous sommes tous engager à nous approprier de cette technologie (chaine HVI). Nous souhaitons toujours l’accompagnement de nos partenaires pour cette appropriation.





                                                Dimanche, le 05 février 2012

                                                TRAORE B. François,

                                               http://www.francoistraore.blogspot.com/

                                               Président d’honneur de l’AProCA,

                                               Docteur honoris causa.

                                               (+226) 70 95 34 45

                                              (+226) 78 50 16 25